[Idée lecture] Monnayé de Terry Pratchett

culture geek

Par Fabio le

Le Tome 32 des Annales du Disque-Monde, intitulé Monnayé, a débarqué dans toutes les bonnes libraires il y a une quinzaine de jours chez Pocket ; Une occasion de plus, s’il en fallait, de lire ou de lire un peu de Pratchett, onze mois après le décès du génial romancier.

monnayé

Bien qu’étant un grand amateur du style, du propos et de l’univers créés par Terry Pratchett dans les années 80, je n’avais pas encore eu l’occasion de lire un seul Tome de l’arc Moite von Lipwig (également protagoniste du dernier Tome de l’écrivain, Déraillé, en 2013). Mais bien évidemment, Monnayé ne déroge en rien à l’architecture scénaristique qui construit chaque Tome du Disque-Monde.

Globalement, ça se passe en trois étapes :

1/ Vous êtes perdu. Le récit enchaîne les points de vue narratifs et vous n’avez encore aucun élément pour comprendre les événements qui sont décrits. La problématique se met petit à petit en place. Ici, on parle de Moite von Lipwig, ancien escroc devenu Ministre des Postes, et maintenant poussé par le big boss d’Ankh-Morpork, Veterini, vers la gestion de la banque royale.
2 / On est dans le cœur du bouquin, l’œil du cyclone du plaisir de lecture. Terry Pratchett tisse une toile complexe mais désormais plus accueillante. Derrière l’histoire légère et l’humour absurde, le romancier développe aussi en arrière-plan sa problématique, sa critique sociale, culturelle ou politique. Monnayé parle du rapport à l’argent et au pouvoir, autant de ce qu’il permet que ce qu’il représente (Moite invente le billet de banque, ce qui a des effets dévastateurs dans la cité).
3 / Vient le soulagement quand tous les morceaux du puzzle se mettent en place, généralement dans un final qui réunit tous les personnages clés de l’histoire et glorifie le grand n’importe quoi.

Soyons honnête, Monnayé n’est pas l’oeuvre la plus mémorable des Annales du Disque-Monde, même si le personnage complexe de Moite, entre escroc, fin politicien et flipette, tient bien l’histoire. En revanche, sila critique de la banque et du pouvoir de la communication est bien vu, la critique aurait pu être plus développée. Disons que le dénouement arrive un peu vite. Ne boudons pas notre plaisir pour autant, ça reste du Pratchett (avec la qualité de la traduction de Patrick Couton), c’est bien écrit, c’est drôle, et c’est toujours intelligent.

Monnayé, de Terry Pratchett, 512 pages, aux éditions Pocket, 8 euros et 40 centimes

N.B. : si vous n’avez jamais lu une oeuvre des Annales du Disque-Monde, préférez l’arc Rincevent, le plus réussi selon moi (La Huitième Couleur, le Huitième Sortilège ou Les Tribulations d’un Mage en Aurient).