[AppleVsFBI] Après Barack Obama, Cazeneuve prend position sur le chiffrement

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Par Elodie le

Présent au festival SXSW ce week-end à Austin, le président américain Barack Obama s’est exprimé sur la bataille que se livre Apple et le FBI autour du chiffrement. Il demande à la Silicon Valley de faire des « concessions » avant que le législateur ne s’en mêle. Le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve dit faire« siennes » les préoccupations de l’administration américaine.

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Premier président de l’histoire à répondre présent à l’invitation du Festival South by Southwest (SXSW), Barack Obama s’est exprimé sur la bataille opposant Apple et le FBI. Sans véritablement prendre parti, il a vivement incité les entreprises high-tech à trouver une solution qui satisferait les deux parties.

Utilisant la métaphore de la maison, Obama a expliqué que depuis 200 ou 300 ans, les Américains se laissaient déposséder d’un peu de leur vie privée pour garantir leur propre sécurité. Ainsi, les forces de l’ordre peuvent pénétrer dans la maison d’un suspect pour effectuer une perquisition à la recherche de preuves ou fouiller ses habitants, mais avec le chiffrement cela reviendrait à se trouver devant une maison sans serrure, ni porte.

« Comment résoudre ou arrêter une attaque terroriste ? », demande-t-il alors. Pour lui, un « chiffrement solide […] fétichise nos téléphones en les plaçant au-dessus de toute autre valeur » et va « à l’encontre de l’équilibre que notre pays a atteint depuis deux cents ou trois cents ans ».

Bien évidemment, en accord avec ses précédentes déclarations, il plaide pour un chiffrement et une clé « les plus solides possible ». Toutefois il rêve d’un monde qui allierait un chiffrement fort et possibilité laissée aux autorités d’accéder aux données souhaitées, mais « dans un certain nombre de cas sur lesquels nous devons nous mettre d’accord ».

Le président craint qu’en l’absence de consensus, le législateur ne s’empare du sujet et n’édicte une loi « dangereuse ».

Relativement absent du débat, le ministre de l’Intérieur a finalement pris parti… pour le FBI. Pour rappel celui-ci souhaite accéder aux données chiffrées de l’un des suspects de la tuerie de San Bernardino stockées dans son iPhone 5C.
Cette prise de position du ministre n’a rien de surprenant quand on se rappelle ses déclarations après les attentats de Paris de janvier 2015 et sa rencontre avec les géants du web, en marge du premier sommet international de lutte contre le terrorisme à Washington, qu’il entendait rallier à sa cause.

« Je comprends parfaitement la préoccupation de l’administration américaine et je la fais mienne », a-t-il assuré lors d’une intervention à l’université George Washington relative à la lutte antiterroriste.

« Je ne pense pas qu’il faille engager un bras de fer » avec ces entreprises proposant le chiffrement des communications à leurs utilisateurs, car elles auraient « intérêt à être nos partenaires. »

« L’écosystème du numérique, c’est la démocratie. Si la démocratie n’est pas capable de se défendre elle-même, l’écosystème s’effondre. Il faut impérativement trouver des procédures et sous le contrôle et l’autorité du juge ». Juge relativement absent des dernières lois adopté en matière de lutte contre le terrorisme…

Récemment, le journal britannique The Guardian révélait que les principaux géants du web se dirigeaient vers un renforcement du chiffrement proposés sur leurs services en optant pour le chiffrement de bout-en-bout (end-to-end). C’est à dire que seuls les utilisateurs détiendront la clé de chiffrement à même de déverrouiller leurs données. Même sur demande des autorités munies d’un mandat, il sera alors impossible pour ces firmes d’accéder à leurs requêtes.
On est encore loin du consensus…