Google, WhatsApp, Facebook et Snapchat accélèrent un peu plus sur le chiffrement

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Par Elodie le

En pleine bataille entre Apple et le FBI autour du chiffrement, les géants du web ont non seulement apporté leur soutien à la firme à la pomme, mais entendent également renforcer le chiffrement des données utilisateurs.

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Apple et le gouvernement se livrent une bataille sans précédent autour du chiffrement. Sans précédent par les enjeux en balance et le nombre d’acteurs concernés : gouvernements, agences de renseignement US et étrangères, citoyens du monde entier, entreprises high-tech, etc.

Dans cette bataille chacun choisit son camp et il n’a pas fallu bien longtemps aux géants du web pour se positionner derrière Apple contre le FBI, le gouvernement et même Barack Obama.

Présent au festival SXSW, le président américain, sans véritablement trancher sur la question, les a vivement incités à trouver rapidement une solution avant que le législateur ne s’empare de la question en édictant une loi « dangereuse ». Une menace à peine voilée qui ne semble pas avoir trouvé l’écho espéré du côté de la Silicon Valley.

Alors que WhatsApp pourrait être la prochaine cible des autorités, le quotidien britannique The Guardian révèle que la seule réponse donnée est celle d’un renforcement du chiffrement proposé sur leurs services. Et par renforcement, il faut entendre, chiffrement de bout-en-bout (end-to-end) des communications, c’est-à-dire que seuls les utilisateurs détiendront la clé de chiffrement à même de déverrouiller leurs données. Même sur demande des autorités munies d’un mandat, il sera alors impossible pour ces firmes d’accéder à leurs requêtes.

Si certains à l’image de Whatsapp ou Google proposent déjà un chiffrement des communications, celui-ci devrait donc se trouver renforcé.

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Du côté de Whatsapp, filiale de Facebook, on se dirigerait vers un chiffrement des appels vocaux et des discussions de groupe. Whatsapp pourrait faire une annonce en ce sens dans les semaines à venir. Quant à la maison mère, Facebook, elle pourrait se convertir et renforcer la sécurité de Messenger, son service de messagerie.

Du côté de Snapchat, les sources précisent que l’entreprise travaillerait également sur un service de messagerie sécurisée.

Chez Google, si le sujet est sur la table depuis 2014, les choses avancent lentement. En effet, le fonctionnement de Gmail est au cœur du problème. Google propose déjà à ses utilisateurs l’envoi d’emails chiffrés. Toutefois, le développement du chiffrement de bout-en-bout sur ses autres services pose question au regard de son modèle économique. La firme tentant d’allier les deux sans porter préjudice à l’un ou à l’autre.
Apple et Google n’ont pas les mêmes difficultés puisque les deux firmes n’ont pas le même business model. Google vend des publicités ciblées à partir des scans effectués sur les emails de ses utilisateurs. Un chiffrement de bout-en-bout empêcherait le robot de lire ce contenu.

Même dans la tourmente, la firme de Cupertino ne renonce pas à sécuriser un peu plus ses services. Récemment encore, Apple s’est attaché les services du développeur de Signal – la messagerie chiffrée plébiscitée par Edward Snowden – afin de venir renforcer les équipes sécurité d’iOS lors d’un stage d’été.

Cette course au chiffrement ne sera pas sans fin. Gageons que ces entreprises devront trouver une solution satisfaisante pour les autorités, sans pour autant renoncer au chiffrement des communications. Pour certains experts, le juste milieu serait de proposer ce type de chiffrement, tout en maintenant la possibilité pour les autorités d’accéder aux métadonnées, ces informations qui révèlent le destinataire et l’expéditeur d’un message ainsi que sa date et heure d’envoi ou encore les données de localisation. Un casse-tête qui semble néanmoins inévitable.

Dans le cas inverse, la prophétie de Barack Obama pourrait se réaliser plus tôt que prévu.

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