Richard Stallman : « Facebook doit être éliminé pour protéger la vie privée »

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Par Elodie le

Pour le père du logiciel libre, Richard Stallman, Facebook est une menace pour la démocratie, il faut donc l’éradiquer. Ni plus, ni moins.

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Le père des logiciels libres et ouverts à l’origine du système d’exploitation GNU/Linux ne mâche pas ses mots lorsqu’il s’agit d’évoquer les logiciels privatisés et « privateurs ». Dans sa ligne de mire, Facebook, le premier réseau social mondial fondé et dirigé par Mark Zuckerberg, fort de plus d’1,5 milliard d’utilisateurs.

« Il faut éliminer Facebook pour protéger la vie privée ! », a-t-il ainsi asséné lors d’une entrevue au journal canadien Le Devoir. La vie privée est une notion qu’il convient de ne pas prendre à la légère, « sans cette vie privée, sans la possibilité de communiquer et d’échanger sans être surveillé, la démocratie ne peut plus perdurer ».

Sous couvert d’offrir un service gratuit et facile d’accès, Facebook érige un monde clos où les communications sont surveillées, ce qui engendre une perte de pouvoir pour les citoyens : pouvoir de dénoncer les abus mais aussi de contrôler ce que fait l’État.

Pour Stallman, Facebook « utilise bien plus ses usagers que ses usagers ne l’utilisent », le réseau social est « un service parfaitement calculé pour extraire et pour amasser beaucoup de données sur la vie des gens. C’est un espace de contraintes qui profile et fiche les individus, qui entrave leur liberté, qui induit forcément une perte de contrôle sur les aspects de la vie quotidienne que l’on exprime à cet endroit ».

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crédits : La Penta

En se rendant indispensable, Facebook prend une telle importance que les gouvernements seront bientôt démunis face aux pouvoirs que ce type de multinationale auront pris. À terme, les conséquences sociales et politiques pourraient s’avérer délétères. On le voit déjà aujourd’hui lorsque la CNIL ou la Commission européenne tente de s’attaquer à leurs pratiques concernant leur gestion des données personnelles ou l’optimisation fiscale.

« Le logiciel privateur surveille ses utilisateurs, décide de ce qu’il est possible de faire avec ou pas, contient des portes dérobées universelles qui permettent des changements à distance par le propriétaire, impose de la censure. Lorsqu’on l’utilise, on se place forcément sous l’emprise de la compagnie qui le vend ».

Mais la firme de Menlo Park, n’est pas sa seule cible, en tant que chantre des logiciels libres, il ne peut que s’opposer aux OS de Microsoft et Apple : « On le voit avec l’informatique privative qui, depuis des années, ne laisse aucune place à l’alternative de l’informatique libre. Les entreprises qui soumettent les gens avec ces produits gagnent beaucoup d’argent, argent qu’elles utilisent pour amplifier l’inertie sociale qui bloque toutes les portes de sortie. »

Stallman estime que dans ce contexte les gouvernements ont un « rôle important à jouer pour combattre ces injustices en s’échappant des cadres privateurs dans lesquels ils se sont placés ».

À cette fin, l’école devrait favoriser le logiciel libre et ne pas concourir à rendre les élèves dépendants d’ « entités informatiques privées ». « C’est la seule façon de regagner collectivement la liberté perdue et de reprendre le contrôle sur des activités qui nous ont d’ores et déjà échappé ».

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