À une semaine de la fin de sa campagne, faut-il craquer pour le jeu de plateau This War of Mine ?

Par Cyril le

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S’il n’a pas l’aura de la licence Dark Souls, le jeu indépendant This War of Mine réussit pourtant à attirer les joueurs autour d’un projet d’adaptation en jeu de plateau qui a pour le moment récolté plus de 300 000 dollars. Faut-il rejoindre les participants ou bien s’abstenir ? Voici quelques éléments susceptibles de vous aider à prendre votre décision.

De quoi on parle ?

Jeu coopératif prévu pour un à six joueurs avec des parties tournant autour d’1h30-2h, This War of Mine – The boardgame ambitionne de vous faire vivre les aléas de la guerre depuis le point de vue des civils. Tout comme dans le jeu vidéo, il vous faudra prendre des décisions difficiles et tenter de survivre en ménageant votre petit groupe autant que possible. Rencontres aléatoires, exploration, récolte de nourriture, vêtements et munitions, affrontements contre d’autres survivants… un programme qui s’annonce clairement réservé à un public mature.
Awaken Realms a travaillé en partenariat avec 11 Bit Studio, responsable du jeu vidéo, pour s’assurer de conserver l’esprit du jeu d’origine. Une version française est possible si suffisamment de français soutiennent le projet.

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Combien ça coûte ?

Plusieurs pledges sont disponibles, les deux principaux étant respectivement proposés à 50 et 60 livres (soit 65 et 80 euros, plus 10 euros de frais de port), le deuxième contenant un artbook qui ne sera plus disponible après la campagne. Il est possible de rajouter des add-ons, principalement constitués de minis-extensions, en allongeant un peu plus. Vous trouverez en bas de l’article une image avec l’ensemble des achats supplémentaires possibles (pour faire court, les deux petites extensions sont intéressantes du point de vue du gameplay, le reste s’adresse plus aux collectionneurs).

Le pledge de base vous permet d’acquérir une boîte du jeu contenant 12 figurines de survivants, un grand plateau de jeu, deux scénarios, un livret de scripts de 128 pages et l’ensemble du matériel de jeu (cartes, dés, pions et fiches de personnage). La campagne ayant largement dépassé la somme demandée, du contenu supplémentaire a été débloqué : version alternative du plateau, survivants supplémentaires, une extension comprenant des forces tactiques, une autre permettant de se rendre dans les égouts et une dernière qui ajoute des orphelins au jeu (cf. image à la fin de l’article).

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Ça se joue comment ?

Le jeu est un coopératif qui se déroule au tour par tour, les joueurs discutant de l’attitude à adopter en fonction des évènements. Un joueur n’est pas lié à un survivant en particulier, ce qui évite l’élimination en cours de partie si un personnage vient à mourir. Un tour de jeu est divisé en deux phases :

– durant la journée, il est trop dangereux pour les survivants de quitter leur abri. Ils vont donc explorer la maison où ils sont réfugiés, construire des outils ou des meubles (lit, radio, radiateur, etc.), se reposer, manger… chaque survivant pourra effectuer trois actions par jour : une le matin, une l’après-midi et une le soir, les deux dernières étant réservées à ceux étant suffisamment en forme pour faire plus d’une action par jour.

– durant la nuit, une partie du groupe restera pour garder l’abri tandis que les autres membres dormiront pour se reposer ou partiront en expédition. Les lieux où il est possible de se rendre sont plus ou moins dangereux et permettent de récupérer de l’équipement différent de plusieurs manières.

Les actions que vous choisirez d’effectuer durant la journée et la nuit sont susceptibles de donner lieu à des évènements aléatoires, qu’il vous faudra alors lire dans un livret spécifique. Rencontrer un mendiant alors que vous cherchez de la nourriture, entendre un autre survivant se faire agresser à quelques mètres de vous, devoir prendre un chemin dangereux pour éviter un groupe de soldats… chacun de ces évènements vous mettra face à un choix qui aura un impact sur les personnages et pourra même avoir des conséquences ultérieures.

Ce qu’on en pense

Le principe du jeu est extrêmement intéressant car il met l’accent sur le côté narratif de l’expérience afin de véritablement plonger les joueurs dans l’horreur de la guerre. Les mécanismes sont relativement simples et il sera possible de jouer sa première partie en apprenant les règles au fur et à mesure grâce à un journal dédié. La rejouabilité semble au rendez-vous grâce au système d’évènements aléatoires (le livret en contiendra un bon millier), et on espère qu’ils seront aussi bien écrits que les quelques exemples qu’on a pu voir.
La présence de nombreux jets de dés refroidira sans doute les amateurs de planification mais ne semble pas avoir trop d’impact sur le jeu et se justifie thématiquement : l’imprévisibilité des évènements en temps de guerre est ainsi restituée de manière directe.

On déplore évidemment l’absence de règles à télécharger, mais les deux longues vidéos faites par le youtubeur Rahdo permettent de se faire une bonne idée du jeu. Le créateur principal du jeu, Michal Oracz, est reconnu dans le milieu (Neuroshima Hex, Theseus), ce qui est une garantie supplémentaire de la qualité du gameplay.

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Alors je pledge ou pas ?

Vous pouvez y aller sereinement, à condition que les critères suivant ne soient pas éliminatoires pour vous :

– le jeu ne sera probablement disponible qu’en anglais (une annonce aura lieu trois jours avant la fin de la campagne pour annoncer les langues disponibles). Le jeu reposant en grande partie sur l’immersion, vous risquez de passer en partie à côté si vous ne maîtrisez pas bien la langue ;

– le côté coopératif semble davantage destiné à alimenter les discussions entre les joueurs que permettre une véritable coopération, chacun prenant à tour de rôle le contrôle des survivants. Si vous jouez à 6, il vous faudra donc un moment avant de reprendre la main, même si vous resterez engagé dans le jeu grâce à son côté narratif ;

– le thème fait du jeu un produit s’adressant à des adultes. Un système de couleur permet de retirer les cartes déclenchant des évènements « durs » mais on est loin de l’ambiance d’un Colt Express. Il faut donc être conscient que l’expérience n’attirera pas forcément tout le monde, à l’image du jeu vidéo.

Hormis ces quelques éléments, je n’ai pas de réserve particulière à émettre. Le jeu est intéressant, beau, dispose d’une profusion de matériel, est développé par un auteur reconnu et édité par une boîte qui a déjà mené deux campagnes réussies (les retards de The Edge sont dans la moyenne basse des projets à figurine). À vous de prendre votre décision !

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