Grâce à ses puces Edison, Intel veut percer le mystère de la disparition des abeilles

Science

Par Henri le

Dans certaines régions du monde, les abeilles mellifères subissent un déclin dramatique. Intel espère aider les chercheurs en les affublant de micropuces.

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Comme de nombreuses autres espèces d’insectes et d’animaux, les abeilles subissent une véritable hécatombe dans certaines régions du monde. Mais ce déclin dramatique est extrêmement dur à expliquer, même chez les spécialistes. Pour mieux comprendre et lutter contre cette tragédie, la firme Intel s’est associée depuis un moment avec le CSIRO (Commonwealth Scientific and Industrial Research Organization), un organisme qui étudie l’effet de l’industrie et de la vie humaine sur notre planète.

Environ trois quarts des cultures mondiales, ce qui inclut les fruits, les légumes et le café, dépendent de la pollinisation par les abeilles, les papillons, les coléoptères et autres espèces de pollinisateurs, selon un rapport des Nations Unies qui a marqué un véritable tournant dans la compréhension de l’ampleur du phénomène.

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« Rien qu’aux États-Unis, les ruches mellifères déclinent d’environ 25 % par an. […] Le déclin régulier des ruches a été observé depuis les années 40, mais la tendance s’accélère. » a expliqué le professeur Paulo de Souza, responsable scientifique de la CSIRO (Commonwealth Scientific and Industrial Research Organization) en Australie.

Les équipes de scientifiques savent que le déclin de ces abeilles est dû à différents facteurs comme le changement climatique, les pesticides et certaines maladies. Mais le professeur de Souza et son équipe veulent comprendre la cause exacte.

Intel a donc décidé de fixer des microcapteurs sur le dos d’une dizaine de milliers d’abeilles mellifères du sud-est de l’Australie (Tasmanie) afin de mieux analyser le syndrome de l’effondrement des colonies. Ces capteurs sont reliés au mini-ordinateur Intel Edison qui est placé au sein de chaque ruche (et fait environ la taille d’un timbre-poste). Ils agissent ainsi comme une boite noire d’avion, qui peut enregistrer le temps passé à l’extérieur de la ruche, les échanges avec les autres colonies, les changements soudains de direction.

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Toutes ces informations sont envoyées via Wi-Fi au CSIRO qui peut ensuite concevoir des modèles 3D de tous leurs déplacements. C’est également un moyen de mieux connaitre l’environnement de la ruche en mesurant l’humidité, la température et le taux d’UV aux alentours. Les abeilles ayant une routine assez prévisible, ce suivi va permettre de mieux comprendre les facteurs de stress qui cause leur disparition.

Intel n’est pas novice en la matière puisque la firme travaille depuis 2014 à la sauvegarde de certaines espèces en danger. C’est notamment le cas avec les rhinocéros d’Afrique du Sud, menacés de braconnage.

On peut cette fois dire que la technologie sert la bonne cause.