[Burkini] Estrosi menace les internautes qui diffusent des photos de verbalisation

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Par Elodie le

Le premier adjoint à la sécurité au maire de Nice Christian Estrosi, menace de porter plainte contre les internautes qui diffuseraient des photos de policiers en train de verbaliser des femmes en burkini.

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Christian Estrosi est remonté comme un coucou depuis la polémique sur le burkini. Non pas sur son interdiction décrétée sur les plages cannoises et niçoises et validée par la justice, mais sur la verbalisation d’une femme portant un simple voile dont les photos ont été publiées par le Daily Mail.

La polémique du burkini enflamme la toile

En effet, sur ces images qui ont fait le tour de la toile, on y voit une femme, étendue sur le sable, se faire accoster par 4 policiers. Habillée d’un legging, d’une tunique, et portant un voile, elle est obligée de se dévêtir peu à peu devant le regard des vacanciers présents sur la plage, pendant qu’un policier la verbalise.

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« Des photos montrant des policiers municipaux de Nice dans l’exercice de leurs fonctions circulent depuis ce matin sur les réseaux sociaux et suscitent des propos diffamatoires et des menaces à l’encontre de ces agents », indique le communiqué publié par la Mairie de Nice.

Cet événement a été décrié par-delà nos frontières, la France étant vigoureusement montrée du doigt pour ce zèle qui attise les antagonismes. Cette femme est dans son droit, elle n’est pas tenue de se dévêtir.

La France montrée du doigt

Le hashtag #WTFFrance ne tardant pas à éclore sur Twitter. Le pays des Lumières et de la Démocratie en prenant pour son grade.

Christian Estrosi n’a pourtant pas manqué d’apporter son soutien aux Forces de l’ordre et « dénonce ce qui apparaît comme une manipulation qui dénigre la police municipale, et met en danger ses agents ». Tout comme ces « provocations inacceptables dans le contexte si particulier que connaît [Nice] ».

Il prévient : « D’ores et déjà, des plaintes ont été déposées pour poursuivre ceux qui diffusent les photographies de nos policiers municipaux ainsi que ceux qui profèrent à leur encontre des menaces sur les réseaux sociaux ».

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Estrosi menace les internautes…

Pour mettre ses menaces à exécution et assurer la protection des agents, il assure avoir déposé un article 40 auprès du procureur de la République. Soit, une plainte déposée par une autorité dans l’exercice de ses fonctions. Sur quelles bases légales ? Inconnues au bataillon. Certainement le temps d’en trouver (au moins) une. Les policiers ne bénéficiant pas de protection particulière concernant leur droit à l’image (contrairement aux RAID, anti-terrorisme ou contre-espionnage).

Une plainte qui risque également de se trouver en contradiction avec la sacro-sainte liberté d’expression d’une part et la liberté d’information (journaliste) d’autre part. Peu de temps après les milliers de #JeSuisCharlie, cette stratégie du député LR pourrait s’avérer plus que bancale.

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… mais en a-t-il les moyens ?

Si tant est que l’objectif soit celui qu’il prétend défendre, et non un prétexte de plus pour confisquer la machine médiatique à quelques mois de la présidentielle. Du côté de la majorité, c’est la cacophonie : quand Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur, met en garde contre la « stigmatisation » des musulmans et appelle à la « mesure », le Premier ministre Manuel Valls appuie les interdictions et désavoue Najat Vallaud-Belkacem.

Pour David Thompson, cette interdiction est en tout cas du « pain béni » pour les djihadistes, comme il s’en explique sur France Info.