La réalité virtuelle utilisée pour condamner d’anciens nazis

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Par Jules le

En parcourant une reproduction 3D d’Auschwitz, la police allemande est parvenue à réfuter l’alibi d’un ancien garde du camp de concentration, qui affirmait n’avoir jamais témoigné de l’horreur qui s’y déroulait.

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Si les joueurs s’interrogent encore sur l’avenir des casques de réalité virtuelle, la police, elle, y a déjà trouvé une utilité. Les enquêteurs allemands se sont appuyés sur un HTC Vive pour démonter la défense d’anciens nazis. Une équipe de la police d’État bavaroise (LKA) a ainsi reconstitué, en 3D, le camp de concentration d’Auschwitz-Bikernau.

Les créateurs se sont basés sur des milliers de photos d’époque ainsi que sur plusieurs cartes de la zone pour récreer le camp d’Auschwitz-Bikernau. Une fois achevé, le modèle 3D a permis aux enquêteurs de voir exactement ce que voyaient les SS à l’époque. « Ce modèle peut être utilisé pour contrer les affirmations des suspects qui clament qu’ils n’ont pas pu voir les exécutions ou les marches vers les chambres à gaz« , annonce Jens Rommel, enquêteur spécialisé dans les crimes de guerre nazis.

Témoigner de l’horreur

Cette représentation en réalité virtuelle d’Auschwitz a été utilisée dans le procès Reinhold Hanning, un ancien garde du camp qui a été condamné à 5 ans de prison pour avoir participé au meurtre de 170 000 prisonniers. « Grâce à ce modèle [3D d’Auschwitz], j’ai une bien meilleure vue globale du camp et je peux avoir le champ de vision d’un suspect, depuis une tour de garde par exemple« , a expliqué Ralf Breker, inspecteur en chef de la LKA, à l’AFP. « À ma connaissance, il n’existe pas de modèle 3D d’Auschwitz plus avancé« , a-t-il ajouté.

Mais pour le policier, la réalité virtuelle ne se limitera pas aux procès d’anciens nazis. « D’ici deux à trois ans, nous serons capables d’entrer virtuellement dans n’importe quelle scène de crime« . Quant au modèle 3D d’Auschwitz, il pourrait à l’avenir être téléchargé par le mémorial Yad Vashem, situé à Jérusalem, pour montrer aux visiteurs toute l’horreur du camp.