Ghost in the Shell : Le réalisateur défend bec et ongles Scarlett Johansson

Cinéma

Par Henri le

Le premier trailer du film Ghost in the Shell a beaucoup fait parler de lui, et a évidemment relancé la polémique au sujet du casting. Rupert Sanders a décidé de prendre la parole.

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La bande-annonce du long-métrage de Ghost in the Shell a forcément été scrutée par les nombreux fans de cet anime devenu un classique des années 90. On semble y retrouver l’ambiance assez sombre qui a fait le succès de l’oeuvre de Masamune Shirow, mais le choix des acteurs a une nouvelle fois fait polémique.

Scarlett ou rien

C’est notamment le cas de Scarlett Johansson, choisie pour incarner le Major Major Motoko Kusanagi. Alors que le personnage fictif est plutôt d’apparence asiatique, c’est bel et bien une Américaine blanche qui a convaincu les producteurs et le réalisateur. Ce dernier a profité de la présentation du trailer pour prendre la parole à ce sujet.

Je suis quelqu’un qui caste avec le coeur et je suis très chanceux d’avoir pu rassembler une équipe d’acteurs internationaux, avec qui j’ai toujours voulu travailler. Scarlett en fait bien sûr partie. Il y a très peu de personnes qui ont 20 ans d’expérience, et dispose d’une esthétique cyber-punk aussi ancrée qu’elle. Vous savez, elle a quand même participé à des films vraiment avant-gardistes comme Lost in Translation ou Under the Skin. Son oeuvre est déjà conséquente, et elle dispose de l’attitude et de la ténacité pour vraiment incarner le Major.

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Une histoire universelle

Rupert Sanders préfère voir dans ce choix une manière de souligner l’universalité de l’histoire, dont le message s’adresse à chacun de nous.

Ce qu’elle a réussi à faire d’incroyable dans ce film, c’est de jouer un androïde. C’est un corps synthétique avec une conscience humaine à l’intérieur. Elle a vraiment réussi à nuancer la partie humaine, évoluant dans la machine, et je pense que cela parle vraiment à un large public. C’est une sorte de récit initiatique, et la mise en image du principe de « Je suis ce que je suis ».

Il lui semblait d’ailleurs inévitable que ce choix soit critiqué, mais le Britannique a préféré défendre l’actrice pour son travail, et pas son apparence.

Je pense qu’à chaque fois que vous faites un choix de casting, quelqu’un va y opposer une critique. Moi, je reste fidèle à ma décision. C’est la meilleure actrice de sa génération et j’étais flatté et honoré qu’elle accepte de jouer dans ce film. Beaucoup de gens qui ont travaillé autour de l’anime ont supporté ce choix, car elle est incroyable, et il en existe peu comme elle.

Des inspirations difficiles à cacher

Steven Paul, le producteur du film avait déjà évoqué ce sujet, en reprenant le thème de Sanders, tout en atténuant les éléments japonais de l’histoire.

Ghost in the Shell est une histoire internationale, et elle ne concerne pas seulement les Japonais. C’est censé être un monde à part entière. C’est pourquoi l’approche plus internationale est la bonne.

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Comme le fait très bien remarquer The Verge, le trailer ne laisse pourtant pas complètement voir cette uniformisation. En effet, on peut y apercevoir des environnements très inspirés de la culture nippone comme des geishas (certes robotiques) ou des rues pleines de kanjis en néon. Sans parler du fait que Takeshi Kitano, grande star au Pays du soleil levant, incarne un soldat qui ne parle qu’en japonais au Major.

L’atmosphère a d’ailleurs l’air particulièrement travaillée, mais il semble difficile de renier cette inspiration majeure. On imagine que le public occidental aurait eu plus de mal à s’identifier à une Asiatique (dans la tête des producteurs !) et que c’est un risque que les studios n’ont peut-être pas voulu prendre.

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Heureusement, Johansson a su prouver son talent et sa capacité à s’adapter à tous les genres de récits, mais surtout à tous les types de réalisateurs (De Palma, Bay, Allen, Sofia Coppola…). On n’y perd donc pas forcément au change. On espère surtout que l’esprit du manga, et surtout sa réflexion sur l’intelligence artificielle, transparaisse vraiment dans le film.