[Impressions] Final Fantasy XII The Zodiac Age : un dernier tour de Vaan ? [PS4]

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Par killy le

Grand blessé du RPG japonais aux côtés de Final Fantasy XV, Final Fantasy XII lui dispute également le peu confortable coussin du trône des épisodes mal-aimés. Et pourtant, malgré son scénario aux trous béants, il conserve bien des qualités entre les coupes. L’arrivée prochaine de sa version PS4 baptisée Zodiac Age est peut-être l’occasion de s’y plonger à nouveau. Premiers éléments de réponse après quelques heures en sa compagnie.

Victime du Zodiac

Suivant l’ordre logique de la série de portages/adaptations de la série Final Fantasy par Square Enix, Final Fantasy XII est donc le prochain à passer sur le billard de la meilleure résolution. Comme Final Fantasy X-2, ce dernier est une version HD de son édition Internationale, jusqu’ici uniquement disponible au Japon (ou ailleurs et traduit non officiellement pour les aventuriers de l’ISO) : Final Fantasy XII International Job System. Cette mouture apportait des remaniements assez important, ne serait-ce qu’au niveau de la philosophie même de progression, avec l’apparition de jobs empêchant les personnages d’être trop multi-tâches en endgame. L’édition Zodiac Age conserve tous les changements opérés à l’époque, tout en amenant quelques touches de modernité, notamment visuelles et musicales.

Utilisant dès ses origines des textures en haute définition, comme nous vous l’expliquions dans notre gros dossier sur le développement du jeu, Final Fantasy XII bénéficie ici d’un travail convaincant sur ce point précis. Même si les bâtiments bénéficient d’une sorte de filtre granuleux tentant de rendre l’aspect « pierre » plus réaliste pas forcément de la plus grande finesse et que les textures de sol – herbes, terre, etc – n’ont pas vécu un miracle niveau rendu, le lifting se révèle très propre, notamment au niveau des modèles de personnages. Déjà particulièrement expressifs à l’époque, les visages rivalisent avec certains titres bien plus récents et continuent d’étonner, surtout dans la gestion des regards. Fluide, adapté aux demandes actuelles en terme de résolution, FFXII : Zodiac Age coche sans trop se forcer les cases rassurantes de l’adaptation, avec malgré tout une propension au clipping qui lui collait déjà à la peau en 2006. En revanche, il sort de sa réserve pour lancer une petite gifle au niveau musical.

Une histoire de gambits

Entièrement réorchestrée, la bande-son passe des synthés subtils de l’ancien programmateur sonore qu’est Hitoshi Sakimoto à des enchevêtrements de pianos, violons et bois d’une grande virtuosité, aux sonorités riches, offrant une vraie relecture sonore des thèmes du jeu. Faisant partie des pièces majeures du compositeur japonais, la BO perd parfois en impact viscéral ce qu’elle gagne en richesse de tons, comme dans la piste qui accompagne les combats de boss. Un boulot qui reste en deçà de la mutation exceptionnelle de bande-son de Tactics Ogre : Let Us Cling Together dans le cadre de son remake PSP, mais ce serait pinailler tant le résultat se montre de grande qualité. La mutation est moins prégnante d’un point de vue gameplay, tout du moins par rapport à la version International Job System. Zodiac Age permet donc comme cette dernière de recourir à des jobs aux compétences spécifiques et non plus à une grille de permis totalement ouverte à l’image de la première édition du jeu.

En revanche il est possible de débloquer un second rôle afin de se donner un peu plus de latitude et de créer des personnages non plus omnipotents mais adaptables. Toujours héritée de FFXII International, la possibilité d’accélérer la course et les combats donne aux allers-retours un aspect un tantinet moins laborieux et fonctionne de concert avec une diminution de la difficulté ainsi que la présence de coffres moins aléatoires dans leur loot rare, histoire de rendre la progression plus aisée. Une bonne chose pour les nouveaux arrivants qui trouveront là une approche un peu plus proche des autres FF, autrement moins complexes. Ce qui ne le rend pas pour autant aussi accessible que ses récents collègues, déjà d’un simple point de vue investissement personnel.

Permis de construire

Principe également présent dans la version International, le fait de pouvoir contrôler les personnages invités et les invocations donne un peu plus de latitude dans les combats, ceux-ci étant à l’origine gérés uniquement par l’I.A. Les joueurs d’époque se rappelleront alors sûrement le peu d’utilité des Eons hors de leur attaque spéciale. Un problème désormais réparé qui s’associe à une gestion des gambits plus souples, grâce à l’adjonction de nouveaux ordres. De quoi se faire une petite troupe automatisée qui fonctionne en meilleure entente. Bien évidemment, tout cela ne change pas le fond du jeu et ceux qui ont détesté le côté MMO offline de Final Fantasy XII ne changeront pas leur hallebarde d’épaules. Mais cette migration vers la PS4 donnera tout de même l’occasion à ceux qui n’ont pas une âme de bidouilleur d’émulateur, aux joueurs de FF tardifs et aux amateurs du jeu original de trouver de quoi se plonger dans un monde fascinant durant des dizaines d’heures. Car il est possible de reprocher tout et n’importe quoi à cet épisode mais pas le dépaysement qu’il procure et la richesse de son background. Sortie prévue le 11 juillet prochain, sur PS4.
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