On a testé le Sennheiser Orpheus, le casque audio à 50 000 euros au son divinement pur

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Par Gaël Weiss le

Sennheiser nous a invités à tester durant quelques dizaines de minutes un casque audio très spécial : l’Orpheus. Un casque hors du commun à bien des égards. À cause de son prix, situé au-delà des 50 000 euros. Un tarif exorbitant qui s’explique par les ambitions de la marque : créer le meilleur casque du monde. Voici nos impressions après avoir passé une petite heure en sa compagnie.

En novembre 2015, Sennheiser dévoilait son Orpheus. Ou plutôt son « nouvel » Orpheus, puisque Sennheiser a déjà créé un casque dans cette « gamme » au début des années 90. À l’époque, Sennheiser avait demandé à ses ingénieurs de concevoir « le meilleur casque du monde », et ce, quels qu’en soient le prix ou les matériaux utilisés. Lors de sa sortie, en 1991, ce casque était vendu 16 000 dollars et n’a été produit qu’à 300 exemplaires. Aujourd’hui, il en vaut plus de 30 000 sur eBay. Il est resté dans la mémoire des audiophiles comme une prouesse jamais égalée.

Plus de 25 ans après, Sennheiser a demandé une nouvelle fois à ses ingénieurs de créer un Orpheus. C’est celui que nous avons testé. Et là, encore, la marque allemande n’a posé aucune limite à ses ingénieurs. Le résultat, ce n’est évidemment pas un simple casque sur lequel vous allez pouvoir brancher votre smartphone pour l’emmener dans le métro, mais plutôt un ensemble amplificateur + casque qui ne peuvent fonctionner l’un sans l’autre.

Un amplificateur en marbre de carrare

Et quand je dis que vous ne pourrez pas l’emmener dans le métro, je n’exagère pas. Je le disais un peu plus haut, les ingénieurs de Sennheiser ont eu carte blanche sur les matériaux. Le châssis de l’amplificateur, pour commencer, est intégralement en marbre de carrare. Bonne nouvelle pour votre commode, Sennheiser le propose en deux coloris : noir ou blanc. Ce marbre n’est d’ailleurs ni un caprice ni une vanité, c’est l’un des seuls matériaux à protéger suffisamment l’électronique des vibrations externes.

Cet amplificateur est aussi lourd qu’imposant et dispose de toutes les connectiques du moment à l’arrière. Il est possible d’y brancher aussi bien une chaîne hi-fi (en reliant les sorties de chaque haut-parleur à l’ampli), qu’un smartphone ou toute autre source numérique via des entrées coaxiales ou optiques. Un port USB est également présent, tout comme un port pour brancher un second casque (uniquement compatible avec l’Orpheus). Il faut d’ailleurs noter que tous les signaux sonores qui entrent dans l’amplificateur sont ensuite retraités par l’appareil avant d’être envoyés au casque.

Sennheiser n’a oublié aucun détail. Lorsque l’on allume l’Orpheus, celui-ci se déploie lentement. Les boutons sortent lentement de la façade, les tubes s’élèvent doucement et l’on peut voir les lampes commencer à chauffer. Enfin, le capot en verre qui renferme le casque s’élève calmement. C’est très, très classe. À noter également que l’Orpheus est fourni avec une télécommande faite entièrement de métal (très lourde) qui n’influe pas sur la musique directement, mais qui s’occupe en fait de faire tourner les boutons à distance.

De la céramique, de l’or et du platine

Le casque en lui-même est un casque (évidemment) circum-aural très imposant qui couvre très bien l’oreille. Il est très confortable (même avec des lunettes), très (trop) chaud, mais s’oublie très rapidement lorsque l’on lance la musique. À l’intérieur du casque se trouve une très fine membrane recouverte d’or et de platine. Là encore, il ne s’agit pas d’un luxe inutile, cette membrane permet de mieux faire circuler l’électricité.

Je ne vais pas rentrer dans les détails techniques qui font de l’Orpheus un chef d’œuvre d’ingénierie. Si le sujet vous intéresse, nos confrères des Numériques ont écrit il y a un peu plus d’un an un article complet sur le fonctionnement du casque et de l’amplificateur de Sennheiser et reviennent sur les performances théoriques de cette débauche technologique.

Un son d’une pureté et d’une précision incroyable

Au-delà de l’objet de luxe, que vaut ce casque une fois sur les oreilles ? Pour cette démonstration, Sennheiser a branché l’Orpheus sur une chaîne hi-fi et lancé un CD comprenant différents genres de musique : classique, jazz, funk, pop, rock et métal.

J’ai commencé avec un peu de musique classique et ce bon vieux Danuble Bleu. Le son est d’une pureté et clarté éclatante. Je ne suis pas un expert dans le domaine de l’audio, mais il était possible de discerner de façon très perceptible les différents instruments, presque comme si l’on était à la place du chef d’orchestre. Une sensation qu’a confirmé l’écoute du thème principal de Star Wars. Les cuivres ronflants du thème de John Williams ne m’ont jamais semblé aussi peu agressifs qu’avec ce casque. Le son est rond, jamais exagéré.

Sur des musiques contemporaines, l’Orpheus est un vrai bonheur. J’ai adoré écouter la voix de Michael Jackson sur Beat It. On a beau faire monter le son, ce dernier ne semble jamais agresser les oreilles. L’expérience qui m’a le plus marqué était toutefois sans conteste un live de Hotel California : la sensation d’être face à une scène jouée à quelques mètres des oreilles était tout simplement incroyable. Comme si l’on pouvait dire dans quelle direction se trouvait le chanteur.

Je ne vais pas m’étendre sur la qualité audio de ce casque. Oui, il est incroyablement bon, même si je doute que les non-audiophiles y trouvent leur compte. Si votre PEL est plein à craquer et que vous hésitez à craquer, sachez qu’il est actuellement possible de l’essayer durant quelques minutes dans la boutique éphémère de Sennheiser qui se trouve à l’hôtel Peninsula Paris jusqu’à la fin du mois de juillet. Cette démo s’effectue sur rendez-vous en téléphonant à la Conciergerie Sennheiser au 01 76 64 14 98.