On a testé une salle ICE, une façon “premium” d’aller au cinéma

Cinéma

Par Henri le

Si la capitale offre une programmation très diversifiée, c’est moins le cas en grande banlieue ou à la campagne. Le groupe CGR veut se démarquer avec un concentré des meilleures technologies actuelles.

Les exploitants de salles de cinéma se doivent d’attirer plus de spectateurs, et la concurrence est parfois féroce. C’est pour cela que de plus en plus de grands groupes se décident à investir dans des dispositifs plus luxueux, qui permettent de se démarquer des autres. Cela peut passer par un aspect purement technologique, comme nous avons pu le voir avec la 4DX, qui propose une expérience « dynamique et sensorielle », mais pas seulement.

Après Blagnac (près de Toulouse) et La Rochelle, le Groupe CGR a récemment inauguré une nouvelle salle dans son multiplexe de Torcy. Baptisé ICE (pour Immersive Cinematique Experience) cette dernière est équipée des dernières technologies visuelles et sonores disponibles.

Une image et un son sublimés

L’image est assurée par un projecteur laser 3 DLP qui propose une image 4K d’excellente qualité. Ce dernier a l’avantage de produire une luminosité allant jusqu’à 60 000 lumens. Si une telle luminosité n’est pas forcément nécessaire pour un film classique, elle devient en revanche très intéressante pour les films en 3D, dont l’image parait souvent assombrie. Nous avons pu le constater lors de la projection de Pirates des Caraibes 5. Le film, qui se déroule quasiment exclusivement en extérieur, est effectivement plus lumineux. On a nettement moins l’impression qu’un voile recouvre l’image.

L’aspect sonore n’est pas oublié puisque la salle est équipée de la technologie Dolby Atmos. Elle offre 52 sources différentes, réparties sur 53 enceintes et 35 amplificateurs. Cela fait un petit moment qu’elle est disponible, mais il faut bien avouer qu’elle se prête particulièrement bien aux blockbusters. En effet, il est ici possible de ressentir la verticalité du son. Fini la stéréo, on entend clairement lorsque quelque chose passe au-dessus (ou en dessous) de nous. Les basses impressionnent aussi par leur clarté, comme lorsqu’un orage éclate.

Si le summum des technologies sonores et visuelles offre évidemment une très bonne expérience, les salles ICE se démarquent en intégrant le système LightVibes, conçu par Phillips. Cousin éloigné de l’Ambilight présent sur ses télévisions, ce dernier consiste en une série d’écrans verticaux placés des deux côtés de la toile principale, censé offrir une sensation de prolongement de l’image. Lorsque le média est compatible, ils peuvent s’allumer et s’animer en fonction du film projeté. Si vous regardez un long-métrage se déroulant dans l’espace, vous y verrez par exemple des étoiles et des comètes.

Idéal pour les concerts ?

Le film projeté n’étant pas compatible (le prochain sera Valerian de Luc Besson), il nous était difficile de se faire une idée sur le long terme. La technologie nous a quand même étonné positivement lors de la retransmission d’un concert d’Imagine Dragon. Après quelques minutes, force est de constater que les effets lumineux couplés à la précision du son offrent une expérience vraiment augmentée. Je me verrais bien regarder un concert de type Woodstock dans ces conditions, alors que l’idée ne m’intéressait que pour l’opéra auparavant.

Ce service de qualité supérieure se retrouve aussi dans la disposition de la salle. Les fauteuils sont plus larges, inclinables et laissent plus de place pour les jambes. L’assise est donc nettement plus confortable. Deux agents se trouvent à l’entrée de la salle et vous accompagnent pour vous asseoir. Il est d’ailleurs possible de réserver sa place dans la salle pour ne pas avoir à se presser.

La stratégie derrière ce concentré de technologie

Mais alors, à qui se destine ce type de salle ? À quinze euros la place, elle vise les spectateurs à la recherche d’une occasion spéciale. Clairement destinée aux blockbusters, elle pourrait séduire les foules lors de la sortie d’une oeuvre très attendue comme Star Wars ou Blade Runner. Étant donné que le complexe est entouré de restaurants, ce type de séance se prête bien au samedi soir ou jours fériés, dans le cadre d’une soirée complète avec sa compagne ou des amis.

Crédits : 1001 salles

Avec plus de 1,2 million d’euros de travaux, elle a nécessité deux fois plus d’argent qu’une salle régulière. L’intérêt n’est donc pas de rentrer rapidement dans ses frais, mais de faire de la pub au complexe tout entier. C’est avant tout pour cela que ce type de salle se destine à la grande banlieue. Comme pour Blagnac, le public visé ne réside pas qu’à Torcy, mais dans toutes les villes alentour. Reste à savoir si le tarif ne sera pas trop élevé pour les plus jeunes, mais les premiers retours semblent marqués d’enthousiasme.