D’ici 2019, la France va doper son arsenal militaire en armant ses drones de renseignement

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Par Jules le

D’ici deux ans, les forces armées françaises pourront compter sur des drones armés pour les épauler sur les différents théâtres d’opérations.

À l’occasion de l’Université d’été de la Défense, qui se tenait mardi dernier à Toulon, Florence Parly a annoncé vouloir « engager le processus d’armement [des] drones de renseignement et de surveillance [de l’armée française, ndlr] ». Ce changement serait effectif dès 2019.

Une option plus offensive

À l’heure actuelle, l’armée française dispose de six drones MQ-9 Reaper, conçus par le constructeur américain General Atomics. Cinq d’entre eux sont situés dans la base aérienne 101 Niamey, au Niger, et le dernier est basé au sein de la base aérienne 709 de Cognac. Principalement utilisés pour le renseignement et la surveillance, notamment des jihadistes au Sahel, ces drones peuvent transporter de l’armement. Ainsi, chaque Reaper peut être équipé de deux bombes GBU-12 Paveway II, de deux missiles air-air AIM-92 Stinger et de quatre missiles air-sol AGM-114 Hellfire. L’armée française envisagerait de doter ses drones de telles armes à l’horizon 2020.

Qui plus est, la France doit recevoir 6 drones MQ-9 Reaper supplémentaires en 2019, qui seront déjà armés. Ces douze appareils constitueront le gros de la dotation en drones offensifs de l’armée française, jusqu’à l’arrivée en 2025 du drone européen MALE RPAS, conçu conjointement avec l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie.

Une arme discrète, efficace et décriée

La démocratisation des drones au sein des armées à travers le monde n’a rien de surprenant. Ils jouissent d’une grande autonomie (jusqu’à 24 heures de vol), sont pratiquement indétectables à l’œil nu, presque inaudibles (rappelons que sur le terrain, d’autres bruits peuvent cacher l’arrivée d’un drone) et surtout, ils ne mettent pas en danger la vie du pilote.

De même, les drones bénéficient d’une vitesse d’engagement plus élevé que celle d’un avion de chasse. Florence Parly assure que les armées françaises gagneront en « efficacité » et « limiteront le risque de dégâts collatéraux ».

Mais plusieurs voix s’opposent à l’armement des drones de renseignement. Pour les détracteurs, l’utilisation de tels procédés « déshumanise » la guerre, et ne serait qu’un moyen de favoriser les assassinats ciblés, contraire aux normes éthiques et judiciaires.

Et la ministre des Armées en est bien consciente. Ainsi, elle a insisté sur le fait que ces drones ne seraient pas « des robots tueurs ». L’utilisation de drones armés « ne change rien aux règles d’usage de la force, au respect du droit des conflits armés », explique Florence Parly. « Les règles d’engagement pour les drones armés seront strictement identiques à celles que nous appliquons déjà ».