Google Drive, nouvelle plateforme des pirates de torrent ?

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Par Elodie le

Les sites de torrent tombent un à un sous les coups de boutoir des autorités ? Qu’à cela ne tienne, les pirates ont de la ressource et se tournent vers Google Drive, le service de stockage de fichiers du géant californien, pour proposer leurs fichiers piratés.

Megaupload, The Pirate Bay, Nyaa Torrents, Torrent Hound, Kickass Torrents ou encore récemment le très populaire site français T411, ces dernières années ont été meurtrières pour les sites de torrents et de téléchargements illégaux. Sous la pression des ayants droit et plus généralement de l’industrie du divertissement (américaine majoritairement), les autorités ont fait fermer de nombreuses plateformes.

Mais ces plateformes sont telle une hydre, lorsque l’une de ses têtes disparaît, une autre la remplace presque instantanément. Face à l’hécatombe, les pirates se sont organisés. Après enquête, Gadget 360 révèle que les services de stockage en cloud comme Google Drive, Dropbox et Mega (Kim Dotcom approuve ce message) sont privilégiés pour distribuer des œuvres protégées.

Keep everything. Share anything

Le site a examiné les demandes de suppression de liens déposés par Hollywood et les ayants droit et constaté que de plus en plus de liens pointaient vers ces outils. Avec près de 5 000 requêtes visant son service, Google Drive est le plus populaire, peut-être parce qu’il propose 15 Go de stockage gratuit contre 5 pour One Drive et 2 chez Dropbox.

Mr Robot

Selon Jon, un résident suisse que Gadget 360 a rencontré sur Reddit, la simplicité d’utilisation de la plateforme explique sa popularité chez les pirates : inscription rapide, un compte pour plusieurs services, Gmail, YouTube, etc., mise en ligne et téléchargement en quelques clics. Ces liens sont ensuite partagés tout aussi facilement sur des groupes Facebook prévus à cet effet, une douzaine a été répertoriée par Gadget 360.
Jon concède donc que les multiples fermetures des sites de torrent orchestrées par les autorités l’ont incité à se tourner vers Google Drive, qui permet de partager des liens facilement tout en les rendant difficiles à traquer.

Un refuge paisible pour les amateurs de torrent, d’autant qu’aujourd’hui « vous devez faire partie d’une [communauté] de torrents privée. Le torrent public, c’est terminé », explique encore Jon.

YouTube, PornHub, Vimeo ou My Maps

capture d’écran – Gadget 360

Les pirates poussent la ruse (ou le vice au choix) encore plus loin pour faire passer leurs copies pirates sous les radars : certains liens Google Drive sont vides et intègrent simplement une vidéo YouTube. Vidéos « non répertoriées », de telle sorte qu’elles n’apparaissent pas dans les résultats des moteurs de recherche et sont uniquement accessibles aux détenteurs de l’URL. Les liens sont simplement partagés sur des forums de discussion ou autre plateforme consultée par la communauté du torrent, il s’avère donc très difficile pour les ayants droit de les retrouver et de demander leur suppression. Toutefois, les sites de partage de vidéo comme YouTube, Vimeo ou Dailymotion ne constituent qu’une part minime des demandes de suppression.

En revanche, les sites pornos semblent eux, plus largement utilisés par les pirates. L’année dernière ont pouvait ainsi se procurer l’intégralité de l’album The Life of Pablo de Kanye West sur PornHub. Entre autres films, bande-annonce (oui, c’est étrange) et clip musicaux.

capture d’écran – Gadget 360

D’autres services sont également détournés pour héberger du contenu illégal, comme My Maps, introduit par Google en 2007 et qui permet aux utilisateurs de créer une carte personnalisée. Les pirates intègrent des liens en lieu et place de l’encart réservé aux descriptions d’endroit figurant sur la carte. Tout cela, sans l’autorisation de Google, cela s’entend.

Cependant, Mountain View réagit rapidement aux demandes de suppression. « Publier des liens ou des contenus contrevenant aux droits d’auteur est contraire à notre politique. Les ayants droit peuvent nous alerter lorsque du contenu protégé par le droit d’auteur a été publié, et nous travaillons au plus vite pour examiner et prendre les mesures adaptées à ces signalements », assure un porte-parole de la firme.

Pour l’instant, les pirates semblent aller encore plus vite.

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