[On joue à des jeux de société, épisode 6] Doggie Bag : Vilain, vilain chien !

culture geek

Par Feel le

L’expression « une vie de chien » n’a jamais eu plus de sens qu’ici. Vous êtes un chien errant (ou une chienne errante, vous avez le choix) qui est obligé(e) de voler des os pour le compte du terrible Fagin, lui aussi canidé de sa personne. Mais comme il ne faut pas déconner non plus, la nuit tombée, vous et les autres clébards du quartier tentez de faire les poches de Fagin, pour récupérer quelques os durement volés. Mais y parviendrez-vous sans vous faire chopper ?

Fiche d’identité

Nom : Doggie Bag
Auteur : Antonin Boccara
Illustrateur : Aline Kirrmann
Éditeur : Blam !
Genre de jeu : Stop ou encore
Nb de joueurs / âge / temps de jeu : 2 à 6 joueurs / 8+ / 20 minutes
Date de sortie : Juin 2017
Prix conseillé : 20 euros

Alors ouais, je sais, raconté comme ça, c’est pas le truc le plus excitant de l’univers. Et je me suis dit pareil la première fois que j’ai eu la boite entre les mains. Et puis je l’ai ouverte et j’ai lu la notice. Et je n’avais alors plus qu’une envie, être le soir même pour le tester avec un troupeau de gens bien. Et autant le dire tout de suite, Doggy Bag nous a enchanté, même mon pote qui a perdu tellement salement qu’on lui a promis de ne jamais en reparler. C’est d’ailleurs pour ça que j’en parle ici, devant nos milliards de lecteurs.
Mais retour au jeu. Doggy Bag est donc un jeu de prise de risque, dans lequel vous devez piocher un nombre d’os à l’aveugle dans un sac, sans savoir combien d’os sont piégés. Les os sont de 5 couleurs, et chaque couleur rapporte un nombre de points différents. Attention aux os noirs, qui eux sont pourris, ne rapportent rien, et mettent fin à votre tour quand vous les piochez.

En début de partie, tous les joueurs démarrent avec le même stock d’os volés, cachés derrière un paravent. À chaque début de tour, un joueur lance deux pièces, qui vont indiquer à tous les participants le nombre d’os volés qu’ils devront mettre dans la poche, à l’abri des regards. Puis chaque joueur choisit un jeton comportant un chiffre unique, correspondant au nombre d’os qu’il compte voler à son tour de jeu. Là où ça devient intéressant, c’est que le premier joueur à fouiller le sac ne sera pas le joueur actif, mais celle ou celui qui aura choisi le chiffre le plus élevé. Chaque chiffre est aussi associé à une ou deux actions que l’on effectue au moment de choisir son chiffre, et qui permettent par exemple de jeter un œil au sac, histoire de savoir combien d’os pourris s’y trouvent, ou encore d’échanger des os en jeu avec d’autres de sa propre réserve ou du coffre de Fagin. Oui, parce qu’il a un coffre, dans lequel il planque les os confisqués aux pauvres bougres qui se font piquer à tenter de voler.

Belle et le clochard

L’autre élément important du jeu, c’est que si vous piochez un os noir, c’en est fini de votre tour. En plus de perdre tout ce que vous aviez volé à Fagin, ce dernier vous colle une branlée monumentale et confisque vos os volés, qui restent dans son coffre (et ne retournent pas dans le sac). Vous ne conservez que l’os noir que vous avez pioché, et éventuellement les gris. 3 os noir en votre possession, et c’est l’élimination pure et simple. Vous vous retrouverez alors la queue entre les jambes, à attendre que les autres aient fini de jouer. Cela impacte forcément la façon de jouer, puisqu’une tête brûlée qui aura déjà deux os noirs dans son jeu n’ira peut-être pas faire le foufou sur la manche suivante. Et comme on ne sait jamais ce que les autres joueurs ont déposé dans le sac au début du tour, et que les os s’y accumulent tour après tour, la pression va forcément crescendo. Au final, Doggy Bag est un jeu bien plus stratégique et bien moins enfantin qu’il ne pourrait le laisser penser. L’aboiement ne fait pas le lévrier… ou un truc dans le genre.

On aime

– Peu d’éléments, mais c’est vraiment super joli
– La pression qui monte progressivement
– Les stratégies qui changent en cours de route
– Les atouts
– Le nom du jeu, si logique mais tellement brillant

On n’aime pas

– Rien, en fait

En conclusion

Voler des os pour les donner à une crapule avant de les lui voler le soir même, voilà bien un projet étrange. Mais Doggy Bag fonctionne, autant de par sa mécanique surprenante et simplissime (mais pas simpliste) que par son habillage original. Si les enfants accrocheront certainement aux chiens anthropomorphes, les adultes, eux, trouveront leur bonheur dans l’essence même du jeu.

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