[#PGW] Impressions : Detroit : Become Human pourrait bien être la claque de 2018 [PS4]

Jeux-Video

Par Mathieu le

Depuis The Nomad Soul, sorti en 1999 sur PC et jusqu’au futur Detroit : Become Human, David Cage a traversé bien des paysages vidéoludiques. Il y a d’abord eu Fahrenheit en 2005, qui lui a permis de se faire connaitre auprès du public, puis Heavy Rain, cinq ans plus tard, qui fut une véritable révélation pour certains. En 2013, c’est Beyond : Two Souls mettant en scène Ellen Page et Willem Dafoe qui marquera de son empreinte le parcours accompli d’un homme amoureux d’un jeu vidéo à part. Avec ses penchants cinématographiques, David Cage a donc décidé de se lancer dans une nouvelle aventure, Detroit : Become Human, que nous avons eu la chance d’approcher.

Pas un choix, des centaines

Tout débute par une question : « Vous n’avez pas peur que les joueurs, dans l’ère qu’est la nôtre aujourd’hui, aient envie d’avoir plus de libertés ? » Et si justement, la forme la plus pure de liberté, Detroit nous la présentait ? C’est une question qui mérite qu’on s’attarde sur elle tant ce nouvel opus créé par le Français et son studio Quantic Dream, apporte un souffle nouveau. Kara, Conor et Markus sont les trois héros de ce nouveau jeu qui va exploiter comme rarement la carte du « chacune de vos actions a un impact sur la suite ».

Kara est le personnage central de cette nouvelle démo

La première démo à laquelle nous avons pu assister, nommée Nuit orageuse, nous permettait d’incarner celle sans qui Detroit n’aurait surement jamais existé : Kara. Et le premier grand choix auquel se confrontait cette androïde au service d’un père et de sa petite fille, était le suivant : allait-elle casser ce pourquoi elle a été créée, à savoir répondre aux ordres, mêmes horribles, de son propriétaire ou rester un robot de maison sage et obéissant ? À partir de cet instant, vous devez faire les bons choix et au bon moment pour tenter de sauver sa peau. C’est à la fin du chapitre qu’on se rend compte de la force de Detroit. Tous les embranchements qu’il était possible de suivre se dessinent devant nous. On peut observer notre cheminement et, masqués aux alentours, toutes les possibilités qui auraient pu être les nôtres. Et qu’elles sont nombreuses ! On se rend alors compte à quel point David Cage et ses équipes ont poussé la corrélation entre nos choix et les très nombreuses fins qui se dessineront au fil de l’aventure.

Heavy Rain 2

David Cage nous l’a confié : « Nous avons travaillé à en perdre la raison pour que toutes les actions du joueur aient un réel impact sur l’histoire qui se dresse devant lui. Il y a tellement de fins possibles et imaginables pour Detroit qu’il est presque impossible de savoir à l’avance comment se finira votre expérience ».

En ce sens, Detroit se rapproche plus de Heavy Rain que de ses autres prédécesseurs. Les mécaniques proposées nous rappellent aux belles heures d’Ethan Mars et de Madison Paige. Vous devrez alterner entre séquences d’exploration, choix de dialogues et nombreux QTE tout au long des chapitres pour venir à bout des objectifs qui sont proposés. On se déplace avec une certaine lourdeur, mais tous nos gestes se doivent d’être précis et réfléchis. Le monde qui nous entoure est d’un réalisme saisissant et on se perd parfois à tenter de trouver la bonne méthode, le bon moment pour passer à l’action. Dans l’autre niveau disponible, nous évoluions avec Connor, un agent androïde chargé de sauver une petite fille. Et à chacun de nos pas, on ressentait toute la responsabilité qu’est la nôtre et à quel point une erreur peut coûter cher. De nombreux chemins s’ouvraient à nous et il fallait choisir entre mentir, passer à l’action, dialoguer, rassurer, se faire aider, etc.

Techniquement parlant, ce qui était présenté était, comme c’est souvent le cas, d’un réalisme bluffant. Les visages sont sublimement modélisés, notamment en ce qui concerne les acteurs principaux, et la direction artistique promet d’être de premier ordre. On attendra néanmoins d’évoluer dans des niveaux plus ouverts pour se forger un avis tranché.

Alors, ça sent comment ?

Et si Detroit : Become Human était l’œuvre la plus aboutie créée par David Cage ? Doté d’une histoire complexe avec de multiples embranchements et fins différentes, le jeu nous semble promis à un avenir radieux. Si le titre réussit à nous passionner autant sur la durée que sur les deux sessions auxquelles nous avons participé, alors il pourrait bien être l’expérience vidéoludique la plus fascinante qu’on ait testée depuis longtemps. La réponse définitive au printemps 2018, sur PS4 exclusivement.