Après 35 ans d’absence, le cinéma revient en Arabie Saoudite avec un sacré navet

Cinéma

Par Mathieu le

Au début des années 80, le gouvernement ultra-conservateur mis au pouvoir en Arabie Saoudite et assumé par le roi Fahd avait purement et simplement interdit l’ouverture de cinémas au sein du pays. Le but étant de limiter ces lieux où est encouragé le mélange public entre hommes et femmes. Ainsi, il était impossible de se déplacer, seul, entre amis ou en famille afin d’aller dans une salle obscure et profiter des joies simples d’une réalisation de Steven Spielberg ou de Woody Allen.

Deux films, deux mauvais choix ?

Mais le pays a récemment levé cette interdiction. C’était le 11 décembre dernier et le gouvernement a annoncé publiquement que plus de 300 salles de cinéma seraient ouvertes d’ici 2030. Une très belle nouvelle pour l’Arabie Saoudite et ses habitants, très certainement heureux de ce retour dans le présent.

Bien évidemment, les observateurs attendaient impatiemment l’annonce, à l’orée de 2018, de ce que serait le premier grand long-métrage diffusé dans le pays. Légitimement, on s’attendait à Star Wars, La La Land, Dunkerque, Blade Runner 2049, Coco ou La Planète des Singes, par exemple. Mais non. Le 13 janvier dernier, c’est bien la comédie « Le Monde secret des Emojis » qui a été officiellement sélectionnée. Produite par Sony, cette réalisation de Tony Leondis a beaucoup fait parler dès sa sortie pour sa piètre qualité d’animation, son histoire inintéressante et l’incompréhension générale face à un spectacle aussi étrange (note de 2,9/10 chez IMdB). Pourtant, l’Arabie Saoudite, et son gouvernement, ont bien sélectionné ce long-métrage là, en compagnie de Capitaine Superslip (qui ne prétend clairement pas à l’Oscar cette année) pour refaire découvrir les joies du cinéma au pays.

Il faut préciser que, malgré la levée de cette interdiction, le parti en place a assuré que l’ensemble des films qui ne conviennent pas aux mœurs du pays serait continuellement censuré et non diffusé. L’Arabie Saoudite a tout de même fait des efforts ces dernières années comme permettre à Haifaa al Mansour de devenir la première femme réalisatrice du pays. Quoi qu’il en soit, on espère que le gouvernement permettra à d’autres œuvres que « Le Monde secret des Emojis » d’être diffusées sous peine de ne pas connaitre le succès attendu.

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