Trottinettes électriques : des politiques parisiens demandent aux opérateurs de réguler leur utilisation

Sécurité

Par Mathieu le

Les trottinettes électriques posent problème. Nouveau moyen de déplacement privilégié par un nombre de plus en plus important de Parisiens, ces appareils ne bénéficient toujours pas d’un encadrement adapté. Dans une tribune accordée à Libération, plusieurs politiques parisiens affirment leur volonté d’accélérer les choses.

Crédits : Lime-bike

Ariel Weil, maire du IVe arrondissement de Paris a souhaité prendre la parole vis-à-vis du « free-floating », ce nouveau moyen de déplacement sans station d’attache. Il faut avouer que depuis un petit moment, il est devenu aisé de louer vélos ou trottinettes, en quelques clics, via son smartphone. Le problème, c’est l’encadrement de ces nouvelles solutions, que ce soit au niveau de la circulation mais aussi des stationnements.

Accompagné par Emmanuel Grégoire, premier adjoint à la maire de Paris et de Jean-Louis Missika et Christophe Najdovki, respectivement adjoint à l’urbanisme et adjoint aux transports, Ariel Weil met en lumière les problèmes posés par la démocratisation de ces nouveaux moyens de transport.

Si vélos ou trottinettes sont respectueux de l’environnement, ils donnent aussi lieu à certains abus. « Des utilisateurs peu scrupuleux stationnent vélos, trottinettes et scooters dans des endroits incongrus, souvent en plein milieu du passage. La possibilité de se garer aisément est interprétée comme une incitation à se garer n’importe où, de manière anarchique, en dépit des règles de civilité ou parfois même du simple bon sens » peut-on lire dans leur tribune publiée sur Libération. Il faut avouer qu’il n’est pas rare de retrouver certains appareils en plein milieu des trottoirs ou devant des sorties étroites ce qui ne facilite pas la circulation des piétons. « Familles avec poussette, enfants, personnes à mobilité réduite, seniors, malvoyants ne peuvent plus circuler librement et sûrement sur les trottoirs, alors que cet espace leur est réservé. »

L’urgence de la Loi

Une chose ressort de cette tribune, l’objectif d’encadrer les innovations et d’accompagnés les utilisateurs pour qu’ils puissent continuer de librement se servir de ces solutions qui sont amenées à prospérer dans le futur. S’il est « urgent que le gouvernement, à travers sa loi Orientation des mobilités, vienne combler un vide juridique », cela n’empêche pas de chercher dès maintenant des solutions.

Des premiers essais sont déjà réalisés dans plusieurs espaces parisiens. « Le IVe arrondissement de Paris est pionnier, avec le IIe arrondissement, pour déployer des espaces de stationnement dédiés aux vélos en « free floating » rappelle les auteurs dela tribune. Une expérience qui devrait être bientôt étendue aux restes des arrondissements parisiens.

Les politiques vont également demander aux agents de la protection et de la sécurité parisienne de verbaliser “les comportements à risque des utilisateurs de scooters, vélos, et trottinettes lorsqu’ils roulent sur les trottoirs ou s’ils bloquent le passage. »

Ils appellent néanmoins très clairement les opérateurs à prendre également des mesures. « C’est surtout aux opérateurs qu’il revient de mettre en place une incitation (indications dans les applications des trajets et stationnements autorisés, bonus et malus en cas de non-observance), favorisant un comportement plus vertueux de leurs utilisateurs.” Et si les opérateurs ne s’y astreignent pas ? Là encore la réponse suggérée est claire:  “Il faut que la future loi donne le pouvoir aux maires de retirer l’agrément qui leur aura été octroyé. En donnant à Paris et à la métropole du Grand Paris le statut d’autorité de contrôle, la loi donnera le moyen d’imposer aux opérateurs un cadre qui dépasse celui des simples chartes actuellement négociées. »