Vente en ligne : Certains maires veulent taxer d’un euro la livraison à domicile

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Par Henri le

Afin d’aider les commerces de proximité, certains maires désirent taxer les livraisons à domicile issues de la vente en ligne.

Vos commandes sur Amazon, Cdiscount, Fnac et consorts pourraient bientôt vous couter un euro de plus. C’est en tout cas ce que souhaite David Lisnard, maire de Cannes (LR) et vice Président de l’Association des Maires de France (AMF).

Il a en effet récemment déposé un amendement dans le cadre du projet de loi de Finances. Nommé “fiscalité locale commerciale équitable” (FCLE), ce dernier vise à récolter une taxe sur les livraisons de produits vendus en ligne afin de la reverser aux collectivités. Elle ne s’appliquerait apparemment pas aux colis déposés en point relais.

L’argent récupéré est censé alléger les charges des commerces locaux. Pour l’AMF, la vente en ligne est en partie la cause de la désertification des centres-villes. Il faut par ailleurs rappeler que 505 millions de colis ont été livrés en 2017, soit environ 8,5% du commerce de détail. Autant d’euros dont les commerçants pourraient bénéficier.

“Le e-commerce ne contribue pas à l’effort fiscal, fragilise les emplois locaux et consomme de l’espace public à la seule charge du contribuable”

Un problèmes aux multiples facettes

Ces propos sont néanmoins à tempérer. Les sites précédemment cités sont aussi d’énormes marketplaces, et agissent souvent comme un intermédiaire vers un autre commerce. Une opportunité que certains ont su saisir afin de diversifier leur clientèle, et pas seulement dans leur ville.

De plus, cette taxe d’un euro ne pénalisera pas les produits des géants de la vente en ligne, qui peuvent largement les amortir. C’est plus compliqué pour les petits vendeurs, qui passent par ces marketplaces en question.

Accuser la vente en ligne, dont le tort est effectivement quantifiable, fait oublier un peu vite que la grande distribution a déjà désertifié de nombreux centres-villes depuis des années. Les clients préférant prendre leur voiture (et accessoirement faire le plein) afin de bénéficier de tarifs plus avantageux pour leurs courses.

Un choix qui s’inscrit par ailleurs dans la politique de nombreuses agglomérations, qui veulent réduire au maximum la présence d’automobiles en centres-ville. Vous l’aurez compris, le manichéisme n’est pas de mise pour traiter ce genre de sujet.