1991 – 2018 : retour sur 27 ans de Civilization

Simple lors de sa création, le jeu vidéo s’est peu à peu complexifié pour créer une multitude de genres aux gameplay toujours plus élaborés, plus fins, et par extension, plus intéressants à découvrir.

Au gré de cette évolution, des séries de jeux ont émergé, devenant au fil des années de véritables étendards pour le genre dont elles sont issues. Dans le monde de la stratégie, le nom de Civilization est synonyme d’une qualité qui ne s’est jamais galvaudée, alors même que la série se rapproche gentiment des trente ans d’existence.

Il y a quelques semaines, le sixième et dernier épisode en date de la série était porté par Firaxis sur Nintendo Switch. Un événement, puisque la série n’était pas allé faire un tour sur console depuis près d’une décennie avec Civilization Revolution. Pour l’occasion, le développeur a mis les petits plats dans les grands afin de porter toute la complexité du titre sans rogner sur la qualité de ce dernier. Une affaire loin d’être gagnée au vu des différences de hardware entre les supports, mais qui semble avoir été accomplie avec brio au vu des premiers retours.  A l’occasion de cette sortie quasi-historique, nous avons décidé de revenir en détail sur cette série qui a marqué durablement l’histoire du 4X, mais aussi, du jeu vidéo dans son ensemble.

1991 : Sid Meier frappe fort

En 1982, Sid Meier fonde Microprose avec son comparse Bill Stealey. Après quelques jeux d’action et autres simulations de vol, le studio dévoile Sid Meier’s Pïrates, un premier jeu de stratégie historique qui rencontre un vif succès auprès des joueurs comme de la presse, et propulse Sid Meier sur le devant de la scène. Il récidive en 1990 avec la simulation ferroviaire Sid Meier’s Railroad Tycoon, mais atteint véritablement la consécration en 1991 avec Sid Meier’s Civilization. Afin de créer ce titre, Meier a combiné des éléments issus de divers jeux de plateaux (Risk), d’autres jeux vidéo (Empire) et ajouté une touche personnelle qui fera date, avec les arbres de technologies. En résulte un jeu de stratégie inédit, profond, qui offre de multiples possibilités à ses joueurs pour atteindre la victoire. Par la même occasion, Civilization pose les bases de la plupart du 4X moderne grâce à la profondeur de ses mécaniques de jeu, le plaçant très haut dans la liste des jeux les plus importants jamais créés.

1996 – 2005 : une Civilization en pleine expansion

Avec Civilization, Sid Meier et Microprose ont révolutionné le genre du jeu de stratégie, et posé des jalons qui sont, aujourd’hui encore, utilisés dans de nombreux autres jeux. La très grande force de Civilization repose sans aucun doute sur son principe même, aussi simple qu’efficace, qui propose de choisir une civilisation, qui possède ses forces et ses faiblesses, et de l’aider à progresser au fil des siècles afin d’être la première à conquérir l’espace. De nombreux systèmes, permettant de gérer le commerce, la diplomatie, la culture, l’économie, l’armée et tout un tas d’autres variables permettent à chaque joueur de développer son propre style de jeu, qu’il déploiera tours à après tours pour atteindre ses objectifs.

Civilization 2 et 3, sortis respectivement en 1996 et 2001, enrichissent chacun à leur manière le gameplay en introduisant de nouvelles civilisations, de nouveaux dirigeants, de nouvelles unités mais aussi des mécaniques inédites comme la recherche scientifique. Ces deux jeux, ainsi que leurs extensions, contribuent à installer la licence durablement dans le paysage vidéoludique en proposant à chaque itérations une expérience de jeu impeccable, et toujours aussi prenante.

2006 – 2015 : l’ère de la 3D

En 2006, avec la sortie de Civilization IV prend un tournant en passant à la 3D. Une évolution importante qui change radicalement la donne en offrant une meilleure lisibilité des cartes et une navigation beaucoup plus intuitive. Si cet épisode apporte lui aussi son lot de nouveautés en terme de gameplay et d’équilibrage, il est particulièrement salué pour son esthétique et sa réalisation, sa bande son incluant la chanson Baba Yetu, qui gagna un Grammy Award en 2011.

Civilization V voit pour sa part le jour en 2010, et propose une tout autre vision que son prédécesseur en enlevant des mécaniques qu’il avait introduit, comme l’espionnage ou la religion (deux éléments qui reviendront avec les extensions de Civilization V). Cet opus abandonne aussi les traditionnelles cases carrées de la carte pour les remplacer par des hexagones, et ajoute le principe d’unités et ville neutres avec qu’il il est possible de nouer contact au fil du jeu. De nombreux changements, notamment au niveau du système combat font de cette itération l’une des plus versatiles, la rendant aussi accessible au nouveaux joueurs que satisfaisantes pour les habitués.

2016 – 2018 : une série à son apogée

C’est en 2016 que sort le sixième épisode de Civilization, qui reçoit encore (décidément c’est une habitude, un accueil extrêmement positif. S’il reprend encore une fois les bases établies par ses prédécesseurs, il gagne en profondeur sur bien des points. Pendant son développement, l’emphase a particulièrement été mise sur la diversité. Les game designer ont en effet fait leur possible pour éviter au joueur de suivre une seul et même voie à chaque partie, incluant par exemple des objectifs secrets pour l’IA. De nombreux changements ont aussi été opérés sur la gestion de villes comme sur le développement des technologies, qui prennent désormais en compte le terrain qui les entourent.

Fruit de 27 années de gestations continues, Civilization 6 est le parfait représentant non seulement de sa série, mais aussi du jeu de stratégie au tour par tour. Il y a quelques semaines, il a quitté le berceau du PC pour rejoindre la ludothèque de la petite Switch de Nintendo dans une version adaptée pour l’occasion, qui bénéficie même de contrôle tactile en mode portable. S’il est pour l’heure impossible de jouer en ligne, cette version dispose toutefois d’un mode de jeu à quatre en local qui devrait permettre de disputer des parties endiablées. Que ce soit chez vous ou en déplacement, vous n’aurez donc plus aucune raison de ne pas succomber au syndrome du « un petit tour en plus et j’arrête ».