Des chercheurs de Singapour développent une “peau” électronique résistante à l’eau et auto régénératrice

Science

Par Julie Hay le

Elle est transparente, résistante à l’eau et auto régénératrice, la peau électronique développée par les chercheurs de l’Université Nationale de Singapour pourrait protéger les robots et les écrans tactiles de l’eau.

Les chercheurs de l’Université Nationale de Singapour se sont inspirés de la méduse pour créer cette “peau électronique” résistante à l’eau. L’équipe menée par le professeur Benjamin Tee, travaille sur cette innovation depuis des années. Tee a notamment participé au développement de la première peau électronique en 2012.

S’inspirer de la méduse

Après avoir développé le premier tissu auto régénérant, le professeur Tee a identifié les obstacles à cette technologie et l’un d’entre eux est l’eau. “Un des défis des matériaux auto régénérant aujourd’hui, c’est de les rendre efficaces lorsqu’ils sont mouillés et transparents. Ces désavantages ne les rendent pas adaptés à l’usage sur les écrans tactiles par exemple, qui doivent être résistants à l’eau.” C’est en observant les méduses que les chercheurs ont pu développer cette peau électronique, transparente et tactile. Ils ont créé à partir d’un gel en polymère et d’un liquide iconique riche en fluor. Le résultat est épatant. La peau peut se régénérer aussi bien dans un milieu sec, qu’humide. Une fois plongée dans l’eau, elle met une heure à retrouver sa conductivité et quelques jours à se reconstruire totalement.

Le professeur Tee (au fond) et son équipe

Application à la téléphonie mobile et aux robots sous-marins

Le matériau, qui peut être imprimé en 3D, pourrait être utilisé pour créer des circuits imprimés par exemple. “Nous espérons que cette peau électronique sera utilisée pour développer de nouvelles formes de robots mous” confie le directeur de recherche. Sa résistance à l’eau salée et même à l’acide, fait de cette technologie une avancée conséquente pour ce champ d’expérimentation. Mais la robotique molle n’est pas le seul domaine qui pourrait être révolutionné par cette invention, la téléphonie mobile pourrait voir d’un bon œil cette « peau électronique ». “Nous espérons créer un futur où les outils faits de à partir de matériaux intelligents, pourront se réparer tout seul et ainsi réduire le gaspillage électronique.” confie Benjamin Tee.

Le professeur Tee et son équipe espèrent découvrir de nouvelles applications à cette technologie. « Nous utilisons actuellement les propriétés globales du matériau pour créer de nouveaux dispositifs optoélectroniques, qui pourraient être utilisés dans de nombreuses nouvelles interfaces de communication homme-machine. »