Espace : L’ISS serait remplie de bactéries, quel risque pour les astronautes ?

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Par Amandine Jonniaux le

Une étude menée pendant près de 14 mois sur l’ISS a révélé que de nombreuses bactéries proliféraient au sein de la Station Spatiale Internationale. Mais y a-t-il réellement un risque pour la santé des astronautes présents à bord ?

Crédits : NASA on the Commons via Flicker CC

Le verdict est tombé, et il n’est pas très propre. Selon une étude menée au sein de l’ISS, et publiée dans la revue Microbiome Journal, les astronautes côtoieraient près de 133 populations de bactéries pathogènes à bord de la Station Spatiale Internationale, dont 81 espèces de champignons. Si la plupart de ces bactéries ne posent apparemment pas de réel problème sanitaire, d’autres en revanche appartiennent à la famille des staphylocoques, des protéobactéries Pantoea et des bacilles, des germes potentiellement capable d’infecter l’être humain. Dans une toute autre mesure, ces germes pourraient aussi poser des problèmes matériels, en endommageant l’infrastructure de l’ISS par corrosion. 

“Il a été démontré que des microbes spécifiques dans les espaces intérieurs de la Terre ont un impact sur la santé humaine […] C’est d’autant plus important pour les astronautes pendant les vols spatiaux, car ils ont une immunité altérée et n’ont pas accès aux interventions médicales sophistiquées disponibles sur Terre”, indique Dr Kasthuri Venkateswaran, chercheur pour la NASA et coauteur de l’étude

Si les bactéries ont pu arriver sur la station spatiale, c’est évidemment à cause des astronautes, qui les ont eux-mêmes apportées à bord. Leur présence au sein de l’ISS peut se révéler préoccupante mais cela ne signifie pas pour autant que tous les astronautes présents à bord encourent des risques de maladie, comme le précise Aleksandra Cecinska Sielaff, coauteure de l’étude : “On ne sait pas si ces bactéries opportunistes pourraient causer des maladies chez les astronautes de l’ISS […] Cela dépend d’un certain nombre de facteurs, notamment de l’état de santé de chaque individu”. Une précision rassurante donc, même si selon l’étude, il est encore difficile d’évaluer l’impact d’une contamination potentielle des astronautes sur l’ISS.