« Le démantèlement n’est pas une solution » : Zuckerberg répond au cofondateur de Facebook

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Par Henri le

Les récents propos du cofondateur de Facebook appelant au démantèlement de la firme ont fait les gros titres et Mark Zuckerberg a décidé d’y répondre.

En une quinzaine d’années, Facebook est devenu un réseau social tentaculaire, utilisé par un tiers de la population mondiale. Depuis le début de son succès, des voix s’élèvent pour dénoncer un monopole écrasant, qui met en péril la vie privée de ses utilisateurs. Un monopole d’autant plus problématique que l’entreprise a méticuleusement racheté certains concurrents comme WhatsApp et Instagram et apparaît quasiment inévitable pour le consommateur.

Chris Hughes, le cofondateur de Facebook, a récemment créé la polémique en publiant une tribune accablante dans le New York Times, dans laquelle il appelle Zuckerberg à démanteler sa firme. Malgré la fortune que ce dernier lui a rapportée, il affirme avoir pris conscience des dangers du réseau depuis l’élection présidentielle de 2016 et l’affaire Cambridge Analytica. Il précise donc être en faveur de l’annulation des acquisitions d’Instagram et WhatsApp « dans un délai court » afin que ces dernières restent distinctes de Facebook. Une idée qui séduit de plus en plus d’élus américains, qui se méfient de plus en plus du pouvoir immense des GAFA.

«Mark est un homme gentil, une bonne personne […] Mais il a créé un Léviathan qui élimine l’esprit d’entreprise et restreint le choix des consommateurs. […] Je suis en colère que son obsession de la croissance l’ait amené à sacrifier la sécurité et la chose publique pour quelques clics. Je suis déçu de moi-même et de l’équipe historique de Facebook, pour ne pas avoir pensé à la façon dont ses algorithmes allaient changer notre culture, influencer nos élections et donner plus de puissances aux leaders populistes. »

Crédits – JD Lasica via Flickr CC

Des déclarations qui on fait l’effet d’une bombe, auquel les pontes de la firme ont du répondre. Interviewé sur France Info, Zuckerberg est monté au créneau pour défendre son entreprise, en rappelant qu’il investissait désormais massivement dans des solutions permettant de lutter contre l’ingérence démocratique, mais également la modération du contenu inapproprié, véritable fléau des réseaux sociaux.

« Si vous vous sentez vraiment concerné par la démocratie, alors vous voulez une entreprise comme la nôtre, qui investit des milliards de dollars par an pour créer des outils avancés permettant de combattre les interférences dans les élections. […] Démanteler Facebook n’est pas une solution »

Nick Clegg, le directeur des affaires publiques de la firme, a également décidé de répondre à Hughes dans le New York Times. Il explique que Facebook n’est pas leader de la messagerie sur certains marchés, comme la Chine, le Japon et même les États-Unis, ou il est confronté à des entreprises comme iMessage, Skype, ou encore WeChat. Même constat pour la vidéo face au géant YouTube ou à des firmes comme Snapchat. Un moyen de tempérer la qualification d’abus de position dominante.

Clegg se garde d’ailleurs bien d’évoquer le terme « monopole » et préfère utiliser celui de « succès ». Comme on pouvait s’y attendre, il met en avant la révolution induite par Facebook plutôt que les torts qui lui sont reprochés. Il précise néanmoins que l’entreprise s’engage activement pour ne pas connaitre les mêmes dérives que par le passé.

« Le succès ne devrait pas être pénalisé. Notre succès a permis à des milliards de personnes dans le monde entier d’accéder à de nouveaux moyens pour communiquer les uns avec les autres. »

Zuckerberg a d’ailleurs pu s’entretenir avec le président français Emmanuel Macron sur des questions liées à la modération. Le chef de l’Etat s’était en effet engagé à combattre la haine en ligne et le partage du contenu violent et/ou terroriste.