Le smartphone à l’origine d’une « corne » sur le crâne ? On fait le point

Science

Par Remi Lou le

Une drôle d’étude fait actuellement le tour du web. Des chercheurs australiens auraient découvert une petite protubérance à l’arrière du crâne de nombreux jeunes, et émettent l’hypothèse selon laquelle l’utilisation d’un smartphone en serait la cause. De là à penser que les smartphones nous feraient pousser une corne sur la tête ? Pas si simple. On vous explique pourquoi. 

Depuis quelques jours, les médias évoquent la surprenante découverte de chercheurs australiens : une petite protubérance inhabituelle chez certaines catégories de la population.

Tout est parti d’une étude menée par David Shahar et Mark Sayers de l’Université de Sunshine Coast en Australie, et publiée l’année dernière dans la revue Nature. Après avoir inspecté aux rayons X 1200 crânes de jeunes adultes âgés de 18 à 30 ans, les chercheurs indiquent avoir constaté que plus d’un quart d’entre eux présentait une excroissance osseuse à l’arrière de la boîte crânienne, juste au-dessus de la nuque.

Crédit : University of the Sunshine Coast

En réalité, celle-ci n’est pas une vraiment une découverte, et porte même le nom de « protubérance occipitale externe élargie » (EEOP). Cette excroissance, qui se présente sous la forme d’une petite « corne », est particulièrement présente chez les personnes âgées, notamment en raison d’une mauvaise posture prolongée se caractérisant par une tête constamment penchée vers l’avant. Or, cette étude suggère que l’EEOP s’est retrouvée chez un nombre anormalement grand de jeunes passés sous leurs scanners. Le point commun entre ces jeunes à « cornes » ? Ils sont de fervents utilisateurs de smartphones, et forcément, le lien n’a pas échappé aux chercheurs à l’origine de cette étude.

Une « corne » causée par l’utilisation du smartphone ?

Après avoir constaté l’apparition de cette « corne » chez un nombre anormal de jeunes, les chercheurs ont émis l’hypothèse selon laquelle cette excroissance osseuse serait due à l’utilisation des nouvelles technologies, et notamment du smartphone.

« Nous en sommes venus à l’hypothèse que l’EEOP puisse être liée à une posture exagérée et soutenue, associée à l’émergence et l’utilisation toujours plus importante de technologies que l’on tient en main, comme les smartphones ou les tablettes » ont indiqué les chercheurs australiens.

Précisons dès maintenant que cette dernière hypothèse n’est qu’une supposition émise par les chercheurs lorsqu’ils ont constaté le nombre de malformations. Le lien entre malformations et utilisation du smartphone n’a pas lui-même fait l’objet d’études.  Gizmodo pointe d’ailleurs à ce propos les avertissements de John Hawks, de l’Université du Wisconsin-Madison. Celui-ci indique que cette hypothèse n’est pas étayée par des éléments concrets puisque les chercheurs n’ont pas comparé leurs sujets, utilisateurs de smartphones, à un autre groupe de sujet n’en utilisant pas, ou presque. Le New York Times, de son côté, souligne que l’étude s’est basée sur des personnes souffrant déjà suffisamment pour consulter un chiropraticien, ce qui pourrait expliquer pourquoi cette excroissance osseuse est si courante au sein de la population analysée.

Source: Gizmodo