Climat : des scientifiques appellent à fixer un “pic de viande” à ne pas franchir d’ici 2030

Science

Par Felix Gouty le

A mesure que la population humaine augmente, la production de denrées alimentaires animales par l’élevage aussi : un phénomène alarmant selon un collectif de scientifiques qui propose de définir un seuil maximal de production à ne plus franchir d’ici 2030.

Des vaches en élevage de plein air.

Un groupe international de cinquante scientifiques a publié une lettre dans The Lancet Planetray Health afin d’alerter les autorités de l’impact de l’agriculture et de l’élevage sur le réchauffement climatique. Le secteur de l’élevage est l’un des principaux émetteurs de gaz à effet de serre. “L’agriculture animale constitue la principale source d’émissions de méthane du monde”, précise Helen Harwatt, chercheuse à Harvard et co-auteure de la lettre, à CNN. “Si le secteur de l’élevage continuait à produire comme il le fait actuellement, il serait responsable à lui seul de 49% des émissions de gaz à effet de serre en 2030 et forcerait d’autres secteurs à réduire leurs émissions au delà de limites réalistes”, affirment les scientifiques dans leur lettre. En effet, la production de denrées alimentaires de source animale ne cesse d’augmenter. En 1990, la production de viande et de produits laitiers atteignait les 758 millions de tonnes. En 2017, elle était évaluée à plus d’1,2 milliards de tonnes. Par ailleurs, le collectif de scientifiques remarque que l’élevage requiert aussi la mobilisation de terres dépourvues de forêts capables d’absorber les gaz carbonés dans l’atmosphère.

Dans leur lettre, les scientifiques préconisent les choses suivantes d’ici 2030, en excluant les pays les plus pauvres :

  • S’accorder sur un certain seuil maximal de production à ne plus jamais franchir;
  • Identifier les plus gros producteurs ou propriétaires des plus grandes terres exploitées et mettre en place des objectifs de réduction de cette production;
  • Organiser une reconfiguration du secteur agricole, en favorisant la plus grande diversité alimentaire possible, notamment des nourritures avec un impact environnemental minime;
  • Exploiter au mieux les pâturages non-exploitées ou non-arables, en restaurant la végétation sauvage capable d’absorber au mieux le carbone atmosphérique.

“Notre population approche des 10 milliards (…) Réduire la demande pour de la nourriture riche en protéines animales participerait grandement à réduire la perte des forêts et bénéficierait ainsi la biodiversité, le maintien d’écosystèmes naturelles et le stockage du carbone”, conclut le professeur Matthew Betts de l’université d’état d’Orego et co-auteur de la lettre.