Le centre de notre galaxie pourrait bien abriter une super-Terre

Espace

Par Felix Gouty le

Cette exoplanète est probablement celle au nom le plus long et la plus lointaine de notre système solaire observée à ce jour. Des astronomes néo-zélandais sont parvenus à la découvrir en utilisant une technique exceptionnelle.

Et si la Terre avait une sœur jumelle à l’autre bout de la galaxie ? (Crédits : qimono / Pixabay).

Elle est sans doute l’exoplanète la plus éloignée de la Terre découverte à ce jour. Les astronomes qui l’ont observé pour la première fois lui ont probablement donné le nom le plus long : OGLE-2018-BLG-0677Lb. Cette dernière a été découverte par des chercheurs de l’université de Canterbury en Nouvelle-Zélande puis décrite dans une étude récemment publiée dans The Astronomical Journal. D’après eux, elle surpasserait la Terre en taille et en masse, qu’ils estiment à près de quatre fois supérieure à celle de notre planète. De ce fait, ils la qualifient de super-Terre, nom que les astronomes donnent à des exoplanètes rocheuses aux dimensions supérieures à celles de la Terre mais inférieures à celles d’une géante gazeuse comme Neptune. Cette super-Terre se situerait à plus de 24 700 années-lumière de notre système solaire, probablement proche voire à l’intérieur du bulbe galactique – le noyau d’étoiles au centre de notre Voie lactée. L’étoile autour de laquelle elle est en orbite (à une distance similaire à celle opposant le Soleil à Vénus) et dont elle fait le tour tous les 617 jours n’a néanmoins rien d’un super-Soleil. Ce serait plutôt l’inverse : selon les astronomes néo-zélandais, sa masse serait équivalente au dixième de celle de notre étoile.

Albert Einstein à la rescousse !

Mais comment ont-ils fait pour observer puis identifier une exoplanète aussi lointaine ? Ils ont utilisé la technique de la microlentille gravitationnelle, seulement possible “une fois sur un million” et qui se base sur la théorie de la relativité générale d’Albert Einstein. Lors d’une observation télescopique d’une étoile lointaine, il arrive qu’une autre étoile, plus petite et légèrement plus proche du point d’observation, s’interpose. La lumière émise par la première étoile, appelée “la source”, est déformée par l’étoile intercalée, surnommée “la lentille”. Conscients de ce phénomène gravitationnel, les astronomes savent alors qu’ils sont en présence de deux étoiles. Et lorsque la distorsion du rayonnement est encore plus forte pendant une brève période, ils savent qu’un troisième objet céleste, comme une exoplanète, s’est interposé à son tour. “La gravité combinée de la planète et de son étoile amplifie de façon très particulière la lumière émise par l’étoile lointaine en arrière-plan”, explique Antonio Herrera Martin, post-doctorant à l’origine de cette découverte, dans un communiqué. “Pour nous en apercevoir et mesurer précisément cette distorsion caractéristique, nous avons utilisé un réseau de télescopes installés un peu partout dans le monde.”

Il a en effet fallu aux astronomes la capacité de combiner des observations et des mesures prises par des télescopes au Chili, en Australie et en Afrique du Sud. “Pour donner une idée de la rareté d’une telle observation, il nous a fallu environ cinq jours pour détecter la distorsion provoquée par l’étoile-lentille tandis que la brève distorsion supplémentaire engendrée par le passage de son exoplanète n’a duré que cinq heures”, raconte l’astronome néo-zélandais. Malgré cette découverte exceptionnelle et l’efficacité d’une telle technique, les chercheurs sont aujourd’hui incapables de caractériser cette exoplanète plus pleinement ou de savoir si elle se trouve en “zone habitable” par rapport à son étoile, qui reste elle-même dure à caractériser.

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