Mulan : le film de Disney en plein dans la tourmente

Cinéma

Par Remi Lou le

La sortie de Mulan n’aura pas été de tout repos, et les problèmes ne semblent pas prêt de s’arrêter. Les militants pro-démocratie appellent à boycotter le film suite à un tweet polémique de l’interprète principale de Mulan, qui soutenait ouvertement la répression policière à Hong Kong.

Crédits : Disney

Décidément, l’adaptation en live-action de Mulan connaît un début de vie bien compliqué. Initialement prévue en salles en mars dernier, la superproduction de Disney a finalement été victime de la fermeture des cinémas dans le monde en raison de la pandémie de coronavirus. Malgré la réouverture des salles, Disney a choisi de le sortir directement sur sa plateforme de streaming, Disney+, monnayant un supplément de 30 dollars. En France, il faudra attendre le 4 décembre prochain pour en profiter, gratuitement cette fois.

La sortie du film a déjà été semée de multiples embûches mais voilà que les appels au boycott reviennent. Si le long-métrage devrait bien sortir dans les salles chinoises le 11 septembre prochain, un nouvel obstacle plus politique pourrait bien impacter le succès des péripéties de Mulan. En cause, les commentaires de l’interprète de l’héroïne à propos de la répression policière à Hong Kong, lieu de violentes émeutes entre manifestants pro-démocratie et les forces du régime chinois. « Moi aussi je soutiens la police de Hong Kong », avait écrit l’actrice sur Twitter au mois d’août 2019. Le hashtag #BoycottMulan, qui avait déjà enflammé les réseaux lorsque Liu Yifei avait partagé cette publication, prend une toute autre tournure alors que le film s’apprête à paraître dans les salles obscures de l’Empire du Milieu.

En juillet 2020, l’un des leaders des militants de Hong Kong relançait la polémique, affirmant que Disney « se prosterne devant Pékin » en diffusant ce film dans les salles chinoises. La Chine n’autorise en effet que très peu de films étrangers sur son territoire, et ceux-ci doivent nécessairement se plier aux exigences du régime, sans jamais apporter la moindre critique quant au communisme ou à la culture chinoise. Et si les militants pro-démocratie de Hong Kong s’en prennent à l’interprète de Mulan, c’est aussi parce que l’actrice, d’origine chinoise mais nationalisée américaine, a soutenu les forces de police de Hong Kong en dépit du fait qu’elle vive dans un pays démocratique. Une trahison, selon les militants de Hong Kong.

La polémique s’est même étendue à Taïwan et à la Thaïlande, où les militants pro-démocratie se sont ralliés autour du hashtag #MilkTeaAlliance. « J’invite tout le monde à boycotter Mulan pour faire savoir à Disney et au gouvernement chinois que la violence de l’Etat contre le peuple est inacceptable » a ainsi écrit un militant thaïlandais sur Twitter début septembre, exigeant une réforme de la monarchie en place en Thaïlande. Reste à savoir quel impact aura cet appel au boycott sur la sortie du blockbuster de Disney en Asie.