Facebook bloque les contenus d’actualité en Australie

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Par Amandine Jonniaux le

Le réseau social vient de mettre sa menace à exécution, en bloquant certains contenus d’actualité pour protester contre un projet de loi visant à forcer les plateformes à rémunérer les médias qu’elles citent. 

Crédits : Brett Jordan via Unsplash

Depuis déjà plusieurs mois, les discussions sont particulièrement tendues entre l’Australie et les GAFAM. Le pays souhaite en effet faire passer un nouveau projet de loi afin d’obliger les plateformes à rémunérer les médias pour l’affichage de leur contenu. Alors que Google avait déjà menacé de retirer son moteur de recherche du territoire australien, c’est cette fois au tour de Facebook de riposter, en mettant ses menaces à exécution. L’entreprise de Mark Zuckerberg a ainsi pris la décision de bloquer de nombreux contenus d’actualité partout dans le pays. Concrètement, il n’est désormais plus possible pour un internaute étranger d’avoir accès aux informations locales australiennes. À l’inverse, les utilisateurs australiens ne sont plus du tout en mesure de consulter de liens d’informations, locaux ou internationaux. Une décision forte, qui a provoqué de vives réactions au sein du gouvernement.

Le gouvernement ne fléchit pas

Pour le gouvernement australien, qui avait déjà confirmé son inflexibilité face aux menaces de Google, cette initiative de la part de Facebook est “inutile et brutale”, estime ainsi le ministre australien des Finances Josh Frydenberg. D’autant plus que malgré la pression des GAFAM, le pays demeure “résolument déterminé” à maintenir son projet de loi, adopté la semaine dernière par la Chambre des représentants. En attendant l’étude du texte par le Sénat, cette action de la part de Facebook confirme selon Josh Frydenberg “la position dominante de ces géants dans notre économie et le paysage numérique”.

De son côté, le géant du web ne semble pas non plus enclin à faire marche arrière. Seul mea culpa de la part du réseau social, la fermeture “accidentelle” de plusieurs pages officielles du gouvernement, destinées notamment à l’information d’urgence en cas de catastrophe naturelle ou d’épidémie. Un porte-parole de l’entreprise a ainsi expliqué que ces pages avaient été “affectées par inadvertance”, et qu’elles redeviendraient rapidement opérationnelles. Pour autant, Facebook campe sur sa décision, estimant que “le projet de loi comprend très mal la relation entre notre plateforme et les éditeurs qui l’utilisent pour partager du contenu d’actualité”. De son côté, Google s’est quant à lui plié aux nouvelles législations, en acceptant mercredi un accord financier avec le groupe de presse local News Corp. Une victoire pour le gouvernement australien, qui pourrait faire office de jurisprudence, à l’heure où plusieurs autres pays comme la France cherchent de nouveaux moyens de rémunérer les éditeurs de contenus d’actualité.