En Chine, YouTube supprime des vidéos dénonçant les persécutions ouïghoures

La plateforme de Google aurait censuré des vidéos publiées par l’organisme Atajurt Kazakh Human Rights, qui documentaient plusieurs violations des droits humains dans la province de Xinjiang en Chine.

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Lorsqu’il est question de modérer les vidéos qui transitent sur sa plateforme, YouTube fait parfois de drôles de choix. Le 15 juin dernier, l’organisation de défense des droits humains Atajurt Kazakh Human Rights a ainsi expliqué à Reuters avoir été bloquée du réseau social pour violations des directives de YouTube. Une décision prise par la filiale de Google après que 12 vidéos (sur les près de 11 000 qui alimentent la chaîne), aient été épinglées pour avoir enfreint la politique de l’entreprise concernant le harcèlement en ligne.

Entre avril et juin, les administrateurs d’Atajurt Kazakh Human Rights avaient déjà fait appel des décisions prises par YouTube. Selon un porte-parole de la plateforme contacté par Reuters, cette nouvelle décision, largement plus sévère, serait cette fois liée à des signalements répétés concernant des vidéos où certains intervenants montraient à la caméra leur carte d’identité. Or, sur YouTube, il est officiellement interdit d’afficher des informations personnelles ou sensibles. Rétablie trois jours après son bannissement, la chaîne Atajurt Kazakh Human Rights a indiqué qu’elle n’avait pas souhaité céder aux demandes de YouTube de dissimuler certaines informations dans ses vidéos. Une position qui a valu à l’organisation le soutien de plusieurs autres ONG, à commencer par Human Right Watch.

Certaines vidéos toujours censurées

Si la plupart des vidéos jugées problématiques par YouTube ont finalement été rétablies, certaines demeurent toujours introuvables sur la plateforme. La chaîne a toutefois indiqué à Reuters que l’ensemble de ses publications étaient stockées sur la plateforme vidéo Odysee, basée sur la blockchain.

Google fait-il le jeu de la Chine ?

De son côté, la maison-mère Google a pris tardivement la parole sur cette affaire, déclarant au MIT Technology Review qu’il se félicitait des “efforts entrepris par certains pour documenter les violations des droits humains dans le monde”. Selon un rapport d’Amnesty International datant du 10 juin dernier, le gouvernement chinois aurait mené des persécutions à grande échelle contre les habitants de la province de Xinjiang, à l’ouest de la Chine, notamment des Ouïghours et des Kazakhs. Des actes contestés par Pékin et régulièrement passés sous silence. Dans ses vidéos, Atajurt Kazakh Human Rights donnait notamment la parole à certains résidents de Xinjiang, qui détaillaient comment plusieurs de leurs proches avaient disparu sans laisser de traces.

Source: Reuters