Passer au contenu

Meta menace de boycotter l’Europe, mais pourquoi ?

2 min
16 commentaires
Partagez

L’empire de Mark Zuckerberg menace de couper Facebook et Instagram en Europe. Une décision qui aurait de lourdes conséquences pour tous les partis.

Meta peut-il vraiment se passer du marché européen ? C’est en tout cas la menace latente qui plane sur les utilisateurs et utilisatrices du vieux continent. Dans un document de 134 pages déposé à la SEC, le régulateur américain en charge des marchés financiers, la société de Mark Zuckerberg estime que si aucun accord n’est rapidement trouvé pour réguler l’échange de données entre l’Europe et les États-Unis, Facebook et Instagram pourraient tout simplement disparaître de nos vertes contrées.

Pourquoi Facebook remet en cause sa présence en Europe ?

En cause dans cette affaire, plusieurs outils utilisés par Facebook et bon nombre de GAFAM pour le transfert de données transatlantiques. Concernant l’un d’entre eux tout particulièrement — le Privacy Shield — Meta indique : “Ce cadre de transfert sur lequel nous nous appuyions pour les données transférées de l’Union européenne vers les États-Unis a été invalidé en juillet 2020 par la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE)”. D’autres protocoles n’ont quant à eux pas encore été retoqués par l’Union européenne, mais font actuellement l’objet d’un “examen réglementaire et judiciaire”. De quoi inquiéter Facebook.

Alors qu’une première décision européenne est attendue d’ici juin, Meta estime désormais que si aucun accord de transfert de données n’est trouvé par la suite, le groupe se verrait “probablement” dans l’impossibilité de proposer ses services en Europe. En attendant une réponse ses régulateurs concernés, les GAFAM réclament désormais une approche “proportionnée et pragmatique pour minimiser les perturbations pour les milliers d’entreprises”.

Il faut dire que si Facebook et Google ont gros à perdre dans l’affaire, les plus impactés pourraient être les petites entreprises, qui ne seraient plus en mesure de faire appel à des serveurs cloud américains (et vice-versa). Dans un billet de blog, la firme de Mountain View a elle aussi, exhorté l’Europe à créer un nouveau cadre pour les transferts de données entre l’Europe et les États-Unis. Notons que la menace n’est pas nouvelle, et fait même figure de marronnier : en 2020 déjà, Mark Zuckerberg avait brandi l’idée d’un boycott européen après un bras de fer opposant son entreprise à la CNIL irlandaise. 

Articles sauvegardés