Le concept est flou, mais on l’entend partout et de plus en plus. Basé sur les cryptomonnaies, les NFT et plus généralement la blockchain, le Web3, ou Web 3.0 succèderait au Web 2.0, qui faisait jusqu’à présent figure de référence, au point de devenir une expression de langage courant.
Et 1, et 2, et 3.0
Pour mieux comprendre le concept de Web3, il faut d’abord remonter au Web 1.0, celui des balbutiements d’internet, qui n’était à l’époque qu’un simple portail d’information dématérialisé, où il était possible d’accéder à des pages statiques, et au design pas toujours attrayant. À partir des années 2000, la naissance du Web 2.0 voit émerger avec lui l’idée d’un internet participatif. Via les réseaux sociaux, les forums et les services du quotidien, on ne consulte plus simplement des pages web, on interagit avec elles. L’avènement de l’encyclopédie Wikipédia notamment, consacre avec lui l’idée d’une mémoire virtuelle commune, à laquelle chaque internaute peut participer.
C’est donc logiquement que le Web 3.0, ou Web 3, s’impose comme l’évolution du 2.0. À l’origine du concept, on retrouve l’informaticien Gavin Wood, créateur de l’Ethereum et fondateur de la fondation Web3, qui soutient les projets de technologies décentralisées. Ici, il n’est plus simplement question d’interagir, mais bien de transformer l’internaute en chaînon de l’internet mondial.
Décentraliser l’information
Car c’est là que repose toute l’innovation du Web3 : pour beaucoup de défenseurs du projet, le web est aujourd’hui aux mains de quelques acteurs puissants (les GAFAM) qui centralisent et contrôlent la quasi-totalité des pages web, et possèdent des quantités astronomiques d’informations personnelles sur les utilisateurs. Pour rééquilibrer la balance, il faudrait ainsi redonner le pouvoir aux internautes, en décentralisant l’information. Concrètement, il s’agirait de supprimer les grandes entreprises tech, en reconstruisant le Web à partir d’une blockchain.
NFT, crypto et blockchain
Aujourd’hui, la blockchain est surtout utilisée dans le cadre des échanges de cryptomonnaies, et plus récemment de NFT, ces jetons non fongibles uniques. Pour autant, son champ d’action pourrait être beaucoup plus large. En plus de ne nécessiter aucun intermédiaire, la blockchain est aussi très sécurisée : stockée sur les serveurs de ses utilisateurs, elle repose sur un système cryptographique de validation. Chaque échange doit ainsi être validé par les internautes, devenant en théorie inviolable.
I’m not suggesting web3 is real – seems more marketing buzzword than reality right now – just wondering what the future will be like in 10, 20 or 30 years. 2051 sounds crazy futuristic!
— Elon Musk (@elonmusk) December 20, 2021
Si le Web3 souffre encore de nombreux détracteurs, parmi lesquels Elon Musk qui a même qualifié le projet de “mot marketing à la mode”, le Web3 pourrait donc bien révolutionner notre usage de l’internet, en positionnant les utilisateurs comme des chaînons du web plutôt que comme de simples interlocuteurs avec lesquels interagissent les grandes entreprises tech. Un concept qui commence à se concrétiser, mais qui devra encore faire ses preuves pour s’imposer dans notre quotidien.