Binanc, la plus grande plateforme crypto au monde vient officiellement de le confirmer : elle n’obtiendra pas d’agrément MiCA avant le 30 juin 2026. À partir du 1er juillet, Binance ne proposera plus de services sur crypto-actifs en France. Vous avez huit jours pour agir.
Que s’est-il passé ?
Binance avait misé sur la Grèce pour obtenir son passeport européen MiCA. Sa filiale Binary Greece avait déposé une demande d’agrément CASP auprès de la Hellenic Capital Market Commission en janvier 2026. Le 16 juin, Binance publiait encore un communiqué affirmant que la validation était imminente. Quelques jours plus tard, Reuters révélait que la HCMC s’apprêtait à rejeter la demande, et entre les deux, un email a été envoyé aux millions d’utilisateurs français afin de confirmer tout ça.
Des sources évoquent aussi une intervention de la BCE, et notamment de Christine Lagarde, pour peser contre l’agrément de Binance. La plateforme conteste ces informations, mais ce qui est certain c’est que l’agrément n’est pas là, et le 30 juin ne changera rien.
En France, Binance fait par ailleurs l’objet depuis 2025 d’une information judiciaire pour “blanchiment aggravé”, “blanchiment de fraude fiscale” et “exercice illégal de la profession de prestataire de services sur actifs numériques”. La plateforme conteste fermement ces accusations, mais le contexte n’a pas favorisé un examen bienveillant de son dossier par les régulateurs.
Ce que ça change concrètement pour vous
À partir du 1er juillet, le trading spot est fermé. Les ordres ouverts seront annulés automatiquement. Les bots de trading désactivés. Le trading sur marge bloqué, avec une liquidation automatique des positions restantes prévue au 1er octobre. Les produits d’épargne, de staking et de minage sont arrêtés, avec restitution des actifs sur le portefeuille Spot. Binance Pay est coupé.
Ce qui reste, c’est le retrait. Tous les crypto-actifs restent disponibles au retrait, en crypto comme en euros, y compris après le 1er juillet 2026. Aucun gel soudain de vos actifs n’aura lieu. C’est le point essentiel car vous n’êtes pas bloqué, vous avez juste une fenêtre de temps pour organiser la transition.
Ce que vous devez faire maintenant
Trois options : transférer vos actifs vers un portefeuille auto-hébergé (cold wallet, Ledger, Trezor), les transférer vers une plateforme concurrente agréée MiCA, ou les vendre et récupérer des euros.
Sur 117 PSAN enregistrés en France, 83 ont déjà leur agrément MiCA complet. Parmi les plateformes accessibles aux Français déjà en règle : Coinhouse, première plateforme française agréée, et Bitpanda, l’alternative européenne la plus mature. Kraken, Coinbase et Bitvavo ont aussi leurs agréments.
Un conseil pratique : téléchargez dès maintenant votre historique complet (CSV des trades, dépôts, retraits) dans Profil > Historique > Export. C’est indispensable pour la déclaration fiscale 2026 (formulaire 2086) et pour tracer votre prix de revient unitaire si vous migrez vers une autre plateforme.
Ne procrastinez pas jusqu’à fin juin car les premières semaines du mois sont préférables aux dernières, la congestion va monter en flèche avec des millions d’utilisateurs qui font la même chose au même moment.
Mais que se passe t-il sur le marché français ?
L’AMF a été très claire sur le sujet, exercer sans agrément MiCA après le 1er juillet expose à deux ans de prison et 30 000 euros d’amende, avec des sanctions supplémentaires comme l’inscription sur listes noires et le blocage des sites pour les résidents français. Binance ne peut donc pas ignorer ça.
Près de 18 % des plateformes européennes ont préféré fermer ou quitter le marché plutôt que de payer le prix de la mise en conformité, entre 250 000 et 500 000 euros pour la licence seule, sans compter les frais juridiques. Les plus gros acteurs qui ont obtenu leur agrément vont mécaniquement récupérer les clients que Binance laisse derrière elle. Coinbase, Kraken, Bitpanda sont déjà prêts.
Binance indique qu’elle reste déterminée à obtenir un agrément MiCA pour revenir en Europe, mais ce calendrier n’est pas précisé. Pour l’instant, il vous reste huit jours…
C’est quoi le règlement MiCA ?
MiCA (Markets in Crypto-Assets) est le premier cadre réglementaire européen unifié pour les cryptomonnaies, entré en application progressive depuis fin 2024. Son objectif est de remplacer le patchwork de régimes nationaux par une licence unique valable dans les 27 pays de l’Union européenne.
Avant MiCA, chaque pays avait ses propres règles. En France, les plateformes crypto opéraient sous le statut PSAN (Prestataire de Services sur Actifs Numériques), délivré par l’AMF. Ce statut disparaît le 30 juin 2026. À partir du 1er juillet, seules les plateformes détenant un agrément CASP (Crypto-Asset Service Provider) délivré dans le cadre de MiCA peuvent légalement proposer des services en France et dans toute l’Union européenne.
L’avantage du système c’est qu’une plateforme agréée dans un seul pays européen obtient automatiquement un passeport pour opérer dans les 26 autres. C’est ce passeport que Binance cherchait à obtenir via la Grèce.
Le coût de mise en conformité est significatif, entre 250 000 et 500 000 euros pour la licence seule, auxquels s’ajoutent les frais juridiques et le recrutement d’un responsable conformité dédié. C’est précisément ce qui a poussé près de 18 % des plateformes européennes à fermer ou quitter le marché plutôt que de s’y soumettre.
🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.