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Crypto : Binance pourrait être interdit en Europe dès le mois de juillet

À dix jours de l’échéance MiCA, l’agence Reuters révèle que le régulateur grec s’apprêterait à refuser la licence européenne de Binance.

Il y a dix-huit mois, le co-dirigeant de Binance Richard Teng s’implantait en Grèce, choisissant Athènes comme porte d’entrée vers l’Europe. L’entreprise avait déposé, en janvier 2026 une demande d’agrément auprès de la Commission hellénique des marchés de capitaux (HCMC). Sauf que Reuters, citant deux sources proches du dossier, a récemment révélé que le projet pourrait bien capoter : le régulateur grec s’apprêterait à rejeter la candidature du numéro un mondial de la crypto. Et à dix jours de l’échéance réglementaire du 30 juin, l’enjeu pourrait bien priver des millions d’internautes de leur portefeuille crypto.

MiCA : une date butoir qui ne bouge pas

Pour comprendre l’enjeu du dossier, il faut revenir sur ce que représente le MiCA. Le règlement européen sur les marchés de crypto-actifs, entré en vigueur le 30 décembre 2024, a mis fin à dix ans de Far-West dans l’industrie crypto. A partir du 1er juillet prochain, toute plateforme souhaitant opérer en Europe doit obtenir un agrément auprès d’un régulateur national. Un seul agrément suffit, parce qu’il ouvre l’accès aux vingt-sept États membres via le principe du passeport européen. Mais sans cet agrément, c’est l’exclusion totale.

Dès le 1er juillet, les plateformes qui n’ont pas décroché leur sésame à cette date devront cesser d’opérer sur le marché européen, ou faire face à des sanctions. En France, l’Autorité des marchés financiers (AMF) a transposé le texte dès l’automne 2024. Sur 117 prestataires de services enregistrés dans l’Hexagone, 83 ont déjà obtenu leur agrément MiCA. Trente-quatre attendent encore, dont Binance.

Que risquent les utilisateurs de Binance ?

Le problème, c’est que les positions divergent. D’un côté, Reuters affirme que la HCMC s’apprête à rejeter le dossier de Binance. De l’autre, Binance publiait ce 16 juin un communiqué inverse, en expliquant que la HCMC est sur le point de valider son agrément. La plateforme promet une mise à jour à ses clients avant le 30 juin.

Après la date butoir, une plateforme sans agrément qui continuerait d’opérer s’exposerait à deux ans d’emprisonnement et 30 000 € d’amende, mais surtout à une mise en demeure de l’AMF assortie d’une obligation de fermeture ordonnée. Les utilisateurs verraient alors l’intégralité de leurs actifs déplacés vers une autre plateforme, déjà en règle.

Le verdict tombera avant la fin du mois. Si le refus se confirme, Binance devra soit trouver un autre régulateur national prêt à l’accueillir sous MiCA, soit renoncer à ses millions de clients européens. Pour une plateforme qui revendique plus de 275 millions d’utilisateurs dans le monde, perdre l’Europe pourrait coûter très cher.

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