L’avènement des robots conversationnels a transformé notre manière d’interagir avec l’IA, mais tout n’est pas bon à prendre. De plus en plus d’internautes se sentent pousser des ailes, et ambitionnent désormais de publier leur propre roman co-écrit avec ChatGPT. Un calvaire pour les éditeurs, qui se retrouvent submergés par les manuscrits.
Comme le rapportent nos confrères de BFMTV, le célèbre éditeur de science-fiction américain Neil Clarke a expliqué qu’il avait été contraint de ne plus accepter les manuscrits de nouvelles courtes qu’il publiait habituellement dans sa revue Clarkesworld Magazine. La faute à ChatGPT, qui génère des textes à vitesse grand V, sans s’encombrer de la notion de plagiat.
ChatGPT écrit mal… et n’est pas franchement original
Très doué pour “inventer” des histoires, ChatGPT a en réalité plutôt tendance à s’inspirer de textes déjà existants. Un souci de taille pour un éditeur, qui peine parfois à démêler les textes écrits par un humain des textes générés informatiquement. “C’est devenu incontrôlable“, écrit Neil Clarke sur son blog. Alléchés par la promesse d’un revenu facile, les internautes usent et abusent de ChatGPT, notamment lorsqu’il est question de produire de courtes histoires de science-fiction.
En plus d’avoir vu leur nombre exploser ces dernières semaines, les textes écrits par ChatGPT ne se contentent pas de plagier, ils peinent aussi à se démarquer du lot. Dans la trame narrative notamment, “il y a des schémas très évidents“, explique l’éditeur. Contraint de bloquer certains auteurs et d’interdire les dépôts de manuscrits spontanés, Neil Clarke n’a pas caché son inquiétude pour les mois à venir. “La technologie ne fera que s’améliorer, de sorte que la détection deviendra plus difficile. Cela ne va pas disparaître tout seul et je n’ai pas de solution“.
D’autant plus que l’éditeur SF n’est pas le seul à souffrir de la situation. Sur Amazon, la boutique Kindle du géant du e-commerce recense au moins 200 ouvrages rédigés par — ou à l’aide de — ChatGPT. Le chatbot est d’ailleurs régulièrement crédité comme coauteur, de quoi inquiéter les écrivains.