Depuis plusieurs jours, une superproduction française caracole en tête du classement Netflix. Alors que cette position est souvent réservée aux productions américaines, Valérian et la Cité des mille planètes s’octroie le titre de film le plus vu sur la plateforme cette semaine. Tout juste ajoutée au catalogue, l’adaptation des bandes dessinées Valérian et Laureline n’était pourtant pas promise à un tel succès. Ce naufrage au cinéma est-il en train de vivre sa seconde jeunesse ?
20 ans après Le Cinquième Élément, qui a marqué plusieurs générations d’amateurs de space opera, Luc Besson revient avec la libre adaptation de Valérian et Laureline. Ce n’est pas la première fois que le réalisateur français s’attaque à l’œuvre puisqu’il avait déjà produit avec sa société EuropaCorp, et en partenariat avec les studios japonais Statelight, une série animée consacrée au duo. Diffusée en 2007 sur Canal+ Family, l’anime rencontre un certain succès. C’est donc avec cette popularité sous le bras que Besson ambitionne de conquérir le box-office français et international. Pour l’occasion, il convoque de nombreuses sociétés de production. Le film de science-fiction franco-sino-belgo-germano-emirato-américano-canadien devient le reflet de la collaboration interplanétaire mise en scène dans l’introduction du métrage.
L’histoire suit Valérian et Laureline au 28e siècle. Ils forment une équipe d’agents spatio-temporels chargés de maintenir l’ordre dans les territoires humains. Mandatés par le Ministre de la Défense, ils partent en mission pour la métropole Alpha, alors qu’une force obscure menace l’existence paisible de la Cité des Mille Planètes. L’avenir de l’univers est entre leurs mains.
Un flop lourd de conséquences
Le budget de Valérian et la Cité des mille planètes est estimé à 197 millions d’euros, faisant de lui le film le plus cher de l’histoire du cinéma français. Il était promis à une très belle carrière au cinéma, la réputation de son artisan n’étant plus à faire sur le secteur. Malgré toutes ses bonnes intentions, le projet est un naufrage. Il ne rapportera que 232 millions d’euros alors qu’il devait dépasser les 400 millions pour atteindre une certaine rentabilité. Si Besson ambitionnait de développer une saga de l’ampleur de Star Wars et Marvel, cette douche froide mettra fin à ses plans.
Pire, cet échec commercial aura de lourdes conséquences sur ses activités. En 2019, la société de production EuropaCorp a été placée sous procédure de sauvegarde. Avec une dette nette qui s’élevait à 222 millions d’euros en 2018, l’entreprise connaît une crise sans précédent. En 2020, Besson cédera sa société à un fonds d’investissement américain et verra son salaire drastiquement revu à la baisse. Valérian n’est pas le seul film à blâmer, Anna a aussi été une immense déception à sa sortie en 2019.
S’il n’a pas convaincu au cinéma, le film semble néanmoins se trouver une nouvelle opportunité de briller avec Netflix. La plateforme n’a pas encore partagé les résultats de cette première semaine, mais sa présence en haut du classement quotidien laisse présager d’un joli succès.