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Clayface, Supergirl, Lanterns : on fait le bilan du DCU de James Gunn

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Depuis bientôt deux ans, le DCU de James Gunn s’est installé dans le paysage audiovisuel, au cinéma comme sur le petit écran, en live action comme en série animée. Alors que l’année prochaine sera marquée du fer du prochain grand film de cet univers connecté, Man Of Tomorrow, le Journal du Geek a dressé son bilan du DCU. C’est parti.

TOP : le retour de Superman

James Gunn n’aime pas la facilité et son film Superman en est le parfait exemple. Le papa des Gardiens de la Galaxie aurait pu lancer son univers au cinéma avec Batman, non c’est avec l’Homme d’Acier qu’il a choisi de le faire. Le pari était risqué, parce que le public a beaucoup apprécié la version du personnage proposé par Zack Snyder, d’abord. Ensuite parce qu’Henry Cavill était, il y a encore un an, le parfait acteur pour incarner Clark Kent, ce qu’il a fait dans Man of Steel, Batman vs Superman : l’Aube de la Justice et Justice League, avec un petit caméo final dans Black Adam.

Superman est-il trop "woke" ? le film de James Gunn s'attire les foudres d'un ancien Superman
© Warner Bros

Non seulement Gunn a réussi à faire de David Corenswet un bon Superman, mais il a surtout rendu au personnage bon nombre de ses attributs que Snyder avait laissé de côté, rendant sa version moins sombre, moins dark mais plus comics accurate. Le spectacle est au rendez-vous, le film introduit et pose déjà les bases d’un univers qui ne demande plus, désormais, qu’à être approfondi et exploré au cinéma.

TOP : Clayface, un excellent film de méchant sans Batman

L’exercice avait tout de périlleux et notre critique le résume assez bien d’ailleurs, mais Clayface a réussi là où Sony Pictures a échoué pendant des années. On ne valide toujours pas à 100 % le concept du film de méchant sans super-héros, tout comme l’inverse d’ailleurs, même si cela demande une écriture très, très subtile. Mais en l’occurrence, le film réalisé par James Watkins et écrit par Mike Flanagan est l’une des grandes réussites du DCU de James Gunn. L’absence de Batman n’est pas pesante, bien qu’on se demande ce qu’il fait alors que des gens meurent atrocement à Gotham.

Clayface Avis Film Dc
© Warner Bros

Le film marche parce que sa promesse de body-horror est tenue, parce que Tom Rhys Harries est bluffant dans le rôle de Matt Hagen et parce que sa descente aux enfers est simple, certes, mais fascinante. Surtout, elle offre un background et un intérêt au personnage de Gueule d’Argile, qui n’avait jamais été adapté en live action jusqu’à présent. Vu son utilisation dans les comics, le DCU tient là un personnage méconnu, mais qui pourra lui rendre des services dans le futur.

TOP : Créatures Commando, la petite pépite

C’est bien dommage qu’on ne parle pas beaucoup, pas assez, voire pas du tout de Creatures Commando. À croire que la série d’animation du DCU n’existe pas. Pourtant, si l’univers connecté de Gunn a intégré son Suicide Squad, ainsi que la saison 1 de Peacemaker, c’est bien avec Creatures Commando que le Gunnverse a démarré.

Diffusée en toute fin d’année 2024, cette série animée écrite et produite par James Gunn mettait en scène une toute nouvelle équipe suicide, sur les restes de la précédente, avec notamment l’introduction de Rick Flag Sr, aperçu dans le film Superman et qui se retrouve à la tête d’une équipe de monstres et non pas de méchants et de ratés comme c’était le cas de son fils, Rick Flag Jr, tué par Peacemaker dans The Suicide Squad.

Creatures Commando
© HBO Max

Pendant huit épisodes, Creatures Commando fait le job, avec un ton adulte, irrévérencieux, vulgaire et trash parfois et une violence non aseptisée, ce qui n’en fait pas une simple série animée et encore moins un produit pour enfants. Alors que la saison 2 n’a pas de date officielle, la première fournée avait notamment compilé deux caméos importants, celui du futur Batman du DCU et, avant son film actuellement en salles, le futur Clayface.

TOP : Lanterns, un pari réussi

S’attaquer à Superman était déjà compliqué, tenter de réhabiliter le personnage de Green Lantern l’était encore plus, tant le super-héros à l’anneau vert est maudit dans les couloirs de la Warner. Le film de 2011, porté par Ryan Reynolds, est un terrible souvenir, à tel point que le personnage a été interdit de séjour dans le Justice League de Zack Snyder. Le Gunnverse a donc choisi de nous proposer non pas un mais trois Lanterns dans cette série : le mythique Hal Jordan, le tout aussi emblématique John Stewart et Guy Gardner, qui joue les guests dans la deuxième partie de la saison.

Hal Et John Discussion Lanterns
© HBO Max

Le cadre était atypique : plutôt que de déplacer le conflit dans la dimension cosmique propre au personnage, c’est sur Terre, dans une petite ville perdue et sous le format d’une enquête à la True Detective que Lanterns raconte la chute d’Hal Jordan et l’avènement de John Stewart. La série place beaucoup d’éléments propres aux comics, comme Sinestro, la question de la peur, les Manhunters et ouvre des perspectives en vue d’une potentielle saison 2. Reste à confirmer l’essai, d’autant que l’attente sera certainement plus grande sur les prochaines aventures de John Stewart.

FLOP : Supergirl, c’était beaucoup trop tôt

Supergirl, à date, est le gros caillou dans la chaussure du DCU. Rien à voir avec son discours et aux valeurs qu’il entend défendre. Le problème se situe finalement ailleurs et probablement du côté de la renommée du personnage. Supergirl est certes une super-héroïne intéressante, indépendante aussi, mais elle n’est clairement pas du même rang que les membres de la Justice League, par exemple.

Son film a beau être l’adaptation d’un comics, Woman of Tomorrow, il est moins bien à l’arrivée que le produit de base. Les scènes d’action manquent d’impact, le méchant est caricatural au possible et finalement, il n’y a que Milly Alcock qui tire son épingle du jeu pendant deux heures.

Critique Supergirl : Woman of Tomorroooooooh
© Warner Bros.

Supergirl n’a pas marché parce qu’il n’est pas une demande ou une attente du public. Ce personnage secondaire arrive, selon nous, beaucoup trop tôt dans l’univers connecté de Gunn, là où ce dernier a surtout besoin de ses personnages emblématiques forts, ceux qui portent avant tout et surtout la marque DC Comics : Superman, oui, mais aussi Batman, Flash… La comparaison avec le MCU fait mal puisque ce type de pari n’a pas été tenté avant la phase 2 par exemple et l’inclusion de personnages comme Ant-Man ou Les Gardiens de la Galaxie. L’idée d’introduire Supergirl est bonne mais elle arrive juste trop tôt.

FLOP : mais où est donc Batman ?

Si ramener Superman sur le grand écran était un sacré pari, le DCU a besoin d’autres personnages forts comme l’Homme d’Acier pour porter son projet et son propos. Deux ans après le lancement du chapitre 1 de cet univers connecté, baptisé des Dieux et des Monstres, on n’a finalement vu que deux Dieux (Superman, Supergirl) et un seul monstre (Clayface), si on met de côté ceux présentés et proposés dans Creatures Commando. On est loin d’un fil rouge, d’une menace globale ou d’un enjeu suffisamment fort pour nous tenir véritablement en haleine.

The Batman 2 va (encore) décevoir les fans !
© Warner Bros

Surtout, le DCU se traîne sur une des questions les plus importantes : où est Batman ? On est sans nouvelles du projet The Brave and the Bold, censé introduire également Robin. On a même parfois l’impression qu’on regrette, côté Warner, de ne pas avoir finalement lié le Batman de Matt Reeves à l’univers de James Gunn, tant ce dernier a été bien reçu de la part du public. Comme par hasard, ce projet-là a aussi du retard, avec un Matt Reeves qui a dû, pour raisons personnelles, prendre de la distance (ne pas disparaître totalement non plus) avec le projet.

FLOP : des projets intéressants mais pas encore ceux que le public réclame

Tout comme Batman, on attend mieux de la part de ce DCU. On a vu quelques pépites et quelques promesses, mais à date, rien de véritablement incroyable pour se dire que le projet de James Gunn est lancé. Warner souffre ici, encore et toujours, de la comparaison avec l’excellente entrée en matière du MCU. En 2008, le MCU offert une voie solo à plusieurs de ses têtes d’affiche comme Iron Man, Captain America, Hulk ou encore Thor, avant de les réunir à l’écran.

Dc Justice League Wonder Woman
© DC / Warner Bros

Il est évident que le public attend le retour de la Justice League. Flash est donc attendu, Wonder Woman aussi, Aquaman dans une moindre mesure et il sera forcément question, à un moment qu’on espère proche, de la manière avec laquelle le Green Lantern d’Aaron Pierre passera du petit au grand écran. D’ailleurs, là encore, ce dernier a beaucoup divisé. Il paraît évident que pour une question de budget, la série Lanterns s’en est tenue à son aspect True Detective mais il faudra bien monter le curseur en cas de saison 2, sur les scènes d’action, sur l’utilisation de l’anneau aussi, beaucoup trop chiche dans la saison 1.

CONCLUSION : doit encore faire ses preuves

Le DCU de James Gunn est prometteur. Il tient jusqu’à présent sa promesse de proposer des films indépendants, qui ne nécessitent pas une implication totale du spectateur dans cet univers, tout en essayant d’être, à chaque fois, le plus comics accurate possible, pour ne pas perdre les fans de la maison DC en cours de route.

Supergirl a montré que certains projets intermédiaires, intercalés entre deux productions ambitieuses (Superman et Man of Tomorrow), auraient dû mal à se défendre. Lanterns a affiché la capacité créatrice du studio, tout en osant certains choix qui éloignent forcément certains personnages de leurs natures brutes.

Le fait que James Gunn et Peter Safran restent à la barre du projet malgré le rachat de Warner par Paramount est une bonne chose, mais il va falloir que ce DCU monte en gamme et en enjeux et ne tarde plus trop à lier ces différents projets autour d’une thématique commune. C’est probablement là que sera attendu, plus que Superman finalement, Man of Tomorrow dans un an.

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