Pour promener son chien dans une partie du centre-ville de Béziers, il va falloir montrer patte blanche. Le maire de la ville, Robert Ménard, passe à l’action en rendant obligatoire le fichage AND canin dans une partie de la ville qu’il dirige depuis 2014. La mesure vise à lutter contre les déjections canines, une priorité pour le maire depuis son élection. « Je n’en peux plus de toutes ces crottes », explique Robert Ménard. « On a fait un décompte. On en ramasse plus d’un millier chaque mois. Parfois bien plus, rien que dans le centre-ville. Ce n’est plus possible que ça dure ».
Pour l’élu, cette lutte doit dépasser le cadre de sa ville « Pas uniquement à Béziers. Toutes les communes sont concernées, il faut sanctionner pour que les gens se comportent bien », précise le maire. Ce dernier voulait déjà ficher les chiens en 2016 pour verbaliser ensuite les propriétaires qui ne ramassent pas les crottes de leur animal. L’arrêté municipal avait été attaqué au tribunal administratif de Montpellier par l’ancien sous-préfet Christian Pouget. Le projet avait alors été retoqué.
Sept ans plus tard, le fichage ADN ne suscite pas autant de polémique et l’État ne s’est pas opposé au projet. Déposé le 12 mai en sous-préfecture, l’arrêté n’a pas été retoqué pour le plus grand bonheur de Robert Ménard. « L’expérimentation de deux ans peut donc commencer », indique le maire de Béziers, soit jusqu’en juillet 2025.
Que risque les propriétaires de chiens ?
Les propriétaires de chiens devront désormais fournir un justificatif d’identification génétique pour se promener avec leur animal dans une partie du centre-ville. Le document est fourni par un vétérinaire, mais la mairie souhaite limiter les frais financiers des Biterrois. Ainsi, les habitants pourront se manifester auprès de la ville pour procéder gratuitement au prélèvement salivaire de leur animal.
Ceux qui ne seront pas en mesure de fournir le document s’exposeront à une amende de 38 euros. De plus, la facture peut atteindre 122 euros s’ils n’ont pas ramassé les déjections de leur chien. Notez que la ville prévoit une certaine tolérance à l’égard des touristes. « Il y aura une certaine souplesse pour ceux qui ne sont pas de Béziers. S’ils ramassent leur crotte, nous n’irons pas les emmerder. Mais ne soyons pas xénophobes. Les étrangers ne sont pas un problème. Mais les Biterrois qui ne ramassent pas. Nous devons montrer l’exemple », indique Robert Ménard à France Bleu