Les chiens n’ont pas besoin de parler pour comprendre beaucoup de choses. Un visage qui s’ouvre, une mine fermée, un regard inquiet : ils semblent capter ces signaux avec une grande finesse. Pour le vérifier, des chercheurs ont placé des chiens dans un appareil d’IRM fonctionnelle, afin d’observer leur activité cérébrale face à des visages humains.
Peur, colère, tristesse : pas le même signal
Les animaux n’étaient pas attachés. Ils avaient été entraînés à rester immobiles, en position du sphinx, avec un support pour le menton et des protections auditives. Une vraie séance de scanner, donc, mais adaptée à des participants à quatre pattes.
Dans une première expérience, huit chiens vivant avec des humains et bien socialisés ont regardé des visages inconnus, soit neutres, soit heureux. Les images étaient montrées pendant sept secondes. Résultat : les visages souriants ont davantage activé le cortex temporal, lié à des fonctions cognitives élevées, et le noyau caudé, associé à la récompense.
« Les humains sont très bons pour repérer de petits détails sur un visage, et les chiens aussi », résume Raúl Hernández-Pérez, coauteur de l’étude. Cette capacité fait des chiens un sujet précieux pour comprendre comment ils ont appris à vivre avec nous, à nous « lire » et à coopérer. On savait déjà que les chiens réagissent aux émotions humaines visibles sur un visage. Certaines études avaient montré qu’ils peuvent préférer un objet ou une boîte associé à une expression joyeuse plutôt qu’à une expression de peur ou de dégoût.
Les chercheurs ont ensuite élargi l’expérience. Douze chiens ont été exposés à quatre expressions humaines : joie, tristesse, peur et colère. Cette fois encore, leur cerveau n’a pas tout traité de la même façon. Les émotions négatives ont provoqué des réponses différentes de celles observées avec les visages heureux.
Une autre analyse, menée sur l’ensemble du cerveau, a permis d’aller plus loin. Les chercheurs ont observé des schémas d’activité distincts pour la peur, la colère et la tristesse. Autrement dit, un chien ne semble pas simplement classer nos mines dans deux cases, « tout va bien » ou « ambiance compliquée ». Il distingue plusieurs nuances.
Dans la vie quotidienne, les chiens ne se fient pas seulement à une photo. Ils lisent aussi les gestes, la voix, les odeurs et le contexte. Les chiens errants ou ceux qui n’ont pas grandi auprès d’humains pourraient aussi réagir autrement. Et reconnaître une émotion ne veut pas dire la ressentir exactement comme nous.
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