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Un gigantesque “trou” solaire 60 fois plus grand que la Terre nous inonde de vent solaire

En l’espace de quelques semaines, les astronomes ont observé plusieurs phénomènes qui montrent que le pic d’activité du Soleil est désormais imminent.

Le 2 décembre, un gigantesque trou 5 fois plus grand que Jupiter est apparu dans l’atmosphère du Soleil. Depuis deux jours, il est braqué droit sur la Terre, vers laquelle il propulse un vent solaire particulièrement rapide.

Cet événement n’a rien à voir avec une tache solaire. Ces dernières sont des régions plus froides et sombres associées à des champs magnétiques particulièrement intenses. Ici, il s’agit d’une large tache noire qui apparaît seulement dans l’ultraviolet ; on parle de trou coronal.

Ces structures apparaissent lorsqu’une ligne du champ magnétique solaire se rompt. Au lieu de retourner vers l’étoile, cette ligne de champ se retrouve pointée vers l’espace. Les particules chargées du plasma solaire suivent cette autoroute magnétique, et se retrouvent donc propulsées à une vitesse bien supérieure à celle des vents solaires classiques.

Une petite tempête solaire

Les experts s’attendaient à ce que cet événement débouche sur une tempête géomagnétique d’intensité modérée à forte, car l’étoile a fait quelques caprices ces derniers mois. Le dernier trou coronal en date, qui remonte à mars dernier, a accouché de la tempête solaire la plus violente des six dernières années.

Heureusement le Soleil s’est montré plus clément cette fois-ci. Même si ces vents solaires étaient particulièrement rapides, ils n’étaient pas particulièrement énergétiques. Selon la NOAA citée par Spaceweather.com, l’intensité du flux de particules correspondait à une tempête géomagnétique de classe G1 à G2 — la catégorie la moins violente, à peu de choses près. Il n’y avait donc absolument aucun risque, ni pour les humains qui ne ressentent de toute façon pas ces phénomènes, ni pour les équipements électriques qui peuvent être sensibles aux tempêtes les plus intenses.

Mais si cet épisode n’a eu aucune conséquence directe, il témoigne quand même du fait que le Soleil est particulièrement agité ces temps-ci.

Le pic d’activité solaire est imminent

Notre étoile fonctionne selon un cycle d’activité de onze ans, pendant lequel les deux pôles magnétiques inversent graduellement leurs polarités ; le pôle nord devient le pôle sud, et vice-versa. Ce cycle arrive à son paroxysme lors de ce qu’on appelle le maximum solaire. Cela correspond à un pic d’activité ; plus on en approche, plus les événements chaotiques comme les éruptions solaires et les éjections de masse coronale deviennent fréquents.

Les modèles suggéraient que le prochain maximum solaire surviendrait à l’été 2025. Mais cet automne, de nouvelles données ont poussé les chercheurs à ajuster ce pronostic ; il est désormais attendu entre janvier et octobre 2024. Nous en sommes donc tout proche, et on commence déjà à observer quelques phénomènes remarquables comme cet immense trou coronal.

En effet, il n’y a pas que sa taille qui le rend particulier. En règle générale, à l’approche du maximum solaire, les trous coronaux ont tendance à migrer vers les pôles. Or, ce trou géant est positionné en plein sur l’équateur ! Une incohérence mystérieuse qui laisse les astronomes perplexes. À ce jour, ils n’ont toujours pas réussi à déterminer comme un trou coronal pouvait se positionner si loin des pôles alors que le pic d’activité est imminent. Ils vont donc continuer de l’étudier de près dans l’espoir d’identifier un nouveau mécanisme important dans la dynamique du Soleil.

Les scientifiques se seraient-ils trompés sur la nouvelle date du maximum solaire ? C’est très improbable. Car ces dernières semaines, Spaceweather.com a rapporté plusieurs autres phénomènes qui ont montré sans ambiguïté que le pic d’activité n’est plus très loin.

Par exemple, le 18 novembre, un véritable « archipel de taches solaires » a émergé à la surface de l’astre, avant de provoquer une douzaine de petites tempêtes géomagnétiques consécutives. Une semaine plus tard, une autre longue perturbation magnétique surnommée « canyon de feu » par les observateurs a fait des siennes. Elle a catapulté une large bulle de plasma — on parle d’éjection de masse coronale, ou CME — vers la Terre. Cela a provoqué des aurores qui allaient jusque dans les tons oranges, un phénomène rarissime.

Aurore Orange
© Graeme Whipps

Selon Space.com, le dernier événement remarquable date du 28 novembre. Une éruption solaire très importante, qui a presque atteint la classe X, a formé une autre grosse CME à l’origine d’aurores spectaculaires.

Il faudra donc continuer de suivre attentivement les caprices du Soleil à l’approche du pic d’activité… et croiser les doigts pour qu’il nous épargne une tempête solaire cataclysmique comme l’Événement de Carrington.

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1 commentaire
  1. Où a été réalisée la photo ci-dessus montrant une aurore boréale ?
    Quel est l’échelle des tempêtes solaires avec leur niveau de dégradation éventuelle sur nos satellites de communication.

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