À Valence, l’usage des applications de navigation comme Waze, Google Maps ou Apple Plans a profondément modifié le quotidien des habitants. Ces apps qui proposent des raccourcis sur des routes normalement peu fréquentées, ont transformé des zones tranquilles en véritables axes de transit aux heures de pointe et lors des périodes de congés.
Un problème en France et ailleurs dans le monde
Pour remédier à cette situation, le maire de Valence, Nicolas Daragon, a pris une décision radicale. Sur le plateau de Lautagne, où le flux de véhicules avait augmenté de 375 % lors du week-end de l’Ascension il y a deux ans, des barrières ont été installées. Ces barrières, abaissées aux moments les plus denses de la journée, empêchent les automobilistes de prendre ces raccourcis inadaptés, réservant ainsi l’accès aux seuls riverains et salariés locaux.
« Cette décision permet de limiter l’utilisation de voiries non adaptées lors des grands départs sur l’A7 et sur l’A49 », explique la mairie à BFMTV. Cette mesure, bien que drastique, est essentielle pour garantir la sécurité et la tranquillité des résidents.
Valence n’est pas un cas isolé. D’autres villes en France et à l’étranger prennent également des mesures similaires. À Lieusaint, en Seine-et-Marne, le maire a installé six feux tricolores pour dissuader les automobilistes déroutés par Waze. À Bègles, des modifications de plans de circulation et la mise en place de sens uniques ont permis de réduire le trafic de 16 %, soit 3.000 véhicules par jour.
À Oloron-Sainte-Marie, en 2022, le raccourci proposé par Waze a engendré des embouteillages dans une rue en travaux, provoquant un véritable cauchemar pour les automobilistes et les habitants. À Cornebarrieu, un chemin agricole créé au XIXe siècle pour les agriculteurs est devenu une alternative à la nationale 224, causant des problèmes de circulation et des embourbements de poids lourds.
Dans certaines régions, les riverains prennent eux-mêmes des initiatives pour tromper les algorithmes des applications de navigation. Des habitants excédés signalent de faux bouchons ou des contrôles de police imaginaires dans le but de décourager les automobilistes de passer par leurs routes. Bien que cette technique soit souvent inefficace à long terme, elle illustre le désespoir des résidents face à l’invasion automobile.
Et le phénomène ne se limite pas à la France. Partout dans le monde, les villes cherchent des solutions pour gérer le trafic induit par les applications de navigation. Aux États-Unis, la ville de Leonia, dans le New Jersey, a également restreint l’accès à certaines rues aux résidents durant les heures de pointe pour éviter l’afflux de voitures en provenance de New York.