Face à la solitude ambiante, Mark Zuckerberg mise sur les chatbots. Lors d’une récente interview avec le podcasteur Dwarkesh Patel, relayée par 404 Media, le grand patron de Meta a expliqué que les Américains possédaient en moyenne “moins de trois amis”. Une sociabilité en berne, selon l’homme d’affaires, qui estime à 15 le nombre d’amis idéalement souhaité (sans toutefois préciser les sources de ce chiffre).
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Pas d’amis ? Pas grave
Pour le PDG de Meta, les chatbots, et notamment ceux développés par son groupe, pourraient s’imposer comme une solution à cette “épidémie de solitude“. Face au manque de liens sociaux, les compagnons IA, bien qu’ils ne soient pas réels, pourraient devenir vos nouveaux meilleurs amis, assure Zuckerberg. S’il reconnaît que les enjeux sont grands, et la technologie encore balbutiante, il est convaincu que la stigmatisation actuelle autour des chatbots s’estompera à mesure que leur utilité et leur valeur seront mieux comprises : “Il y a toutes ces choses qui sont meilleures dans les connexions physiques quand on peut les avoir. Mais la réalité, c’est que les gens n’ont pas autant de contacts qu’ils le souhaiteraient. Ils se sentent souvent plus seuls qu’ils ne le voudraient“.
Aujourd’hui, Meta AI a principalement pour mission d’aider les internautes dans leur quotidien, en jouant les assistants intelligents, sans réel soutien émotionnel et social. Mais les choses pourraient bien changer. Si l’IA n’a pas entièrement vocation à remplacer les interactions humaines (contrairement à ce que laissait entendre l’un des premiers spots publicitaires pour le métavers), elle pourra bientôt combler un manque de sociabilité bien réel.
Une IA sur-mesure
Tout droit sorti d’un épisode de Black Mirror, Zuckerberg imagine un futur où les chatbots seront de plus en plus personnalisés, capables de mieux connaître leurs utilisateurs et d’offrir des interactions toujours plus convaincantes. Meta prévoit d’ailleurs d’intégrer ces compagnons à des applications mobiles dédiées, mais aussi à des objets connectés, pour rendre la présence de l’IA plus naturelle dans la vie quotidienne.
Une stratégie globale pour l’entreprise visant à placer l’IA au cœur de la connectivité sociale, en facilitant la création de liens, même pour ceux qui peinent à en tisser dans la vie réelle.
Des défis éthiques bien réels
Si l’ambition de Meta est de lutter contre la solitude (tout en se remplissant les poches), elle soulève aussi de nombreuses questions éthiques et sociales. L’exploitation de données personnelles pour offrir des interactions personnalisées inquiète quant à la protection de la vie privée et à la transparence sur l’usage de ces données. Certains experts alertent également sur le risque de dépendance émotionnelle aux IA et sur la possibilité que ces relations virtuelles éloignent encore davantage les individus des interactions humaines authentiques. Entretenir une relation intime avec un chatbot n’a rien d’anodin, et l’effet Tamagotchi n’est jamais loin.
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