Passer au contenu

La Chine se lance dans les missiles spatiaux à toute vitesse

Les militaires chinois annoncent pouvoir tirer des missiles depuis l’espace, mais les Occidentaux aussi accélèrent dans la course hypersonique.

Imaginez un missile filant à 21 000 km/h, capable de toucher n’importe quel point du globe en moins de 30 minutes après avoir été largué depuis… l’espace ! Ce n’est pas le scénario d’un film de science-fiction, mais bien ce que des chercheurs de l’armée chinoise affirment avoir développé, selon leurs travaux publiés récemment.

Pas encore parfaits, heureusement

L’équipe du professeur Guo Yang, de la Force des fusées de l’Armée populaire de libération, a dévoilé le mois dernier dans une revue académique chinoise que ces missiles à rentrée planante atteindraient Mach 20 — soit vingt fois la vitesse du son. À cette allure, vous pourriez faire Paris-New York en moins de 15 minutes !

Ces « véhicules à rentrée planante » (appelés RGV par les experts) ne se contentent pas d’aller tout droit. Ils peuvent zigzaguer dans la haute atmosphère avec des forces allant jusqu’à cinq fois la gravité terrestre. « Ces véhicules peuvent approcher des cibles mondiales en 30 minutes, réduisant drastiquement le temps de réaction de l’adversaire », expliquent les chercheurs, qui précisent qu’ils peuvent être « déployés depuis des satellites, des lanceurs terrestres ou d’autres plateformes ».

L’avantage principal de ces engins ? Contrairement aux missiles balistiques classiques qui suivent une trajectoire prévisible, ces planeurs hypersoniques manœuvrent constamment, rendant leur interception beaucoup plus compliquée.

Mais tout n’est pas parfait pour les ingénieurs chinois. Leur étude reconnaît plusieurs problèmes techniques : ces missiles émettent beaucoup de chaleur, ce qui les rend facilement repérables par les systèmes de détection infrarouge. De plus, ils manquent encore de souplesse dans leurs manœuvres et souffrent de limitations dans leurs communications pendant la phase finale d’approche.

Pendant ce temps, les Occidentaux ne restent pas les bras croisés. Le mois dernier, une équipe américano-britannique a réalisé 233 tests de propulsion hypersonique pour alimenter leur propre missile de croisière ultrarapide. Ce programme vise à développer un démonstrateur d’arme hypersonique d’ici 2030.

Le moteur testé par les Anglo-Saxons a l’avantage d’être « aérobie ». Il utilise l’oxygène de l’air au lieu de transporter son propre carburant, ce qui lui donne une portée supérieure aux fusées traditionnelles.

Cette course aux technologies hypersoniques rappelle un peu la compétition spatiale des années 60, mais avec des enjeux militaires bien réels. Le premier qui maîtrisera parfaitement ces technologies pourrait disposer d’un avantage stratégique considérable… même si on espère tous que ces jouets ultra-sophistiqués resteront sagement dans leurs hangars.

🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.

Mode