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Crash sur la Lune : le cauchemar recommence pour ispace

L’entreprise japonaise a perdu un deuxième véhicule lunaire en deux ans – une dynamique décidément inquiétante, dans un contexte où elle prévoit des missions nettement plus ambitieuses en 2027.

Décidément, la chance ne sourit pas à ispace. Pour la deuxième fois en deux ans, l’entreprise japonaise a vu son atterrisseur s’écraser à la surface de la Lune.

Pour resituer le contexte, l’aventure d’ispace a commencé en avril 2023 avec la mission Hakuto-R, qui ambitionnait d’envoyer le tout premier engin privé à la surface de la Lune. Il s’est malheureusement écrasé avec fracas : les analyses des données ont révélé que l’accident était lié à la défaillance d’un capteur d’altitude, perturbé par la bordure d’un cratère. À cause de ce relief, il a mal évalué son altitude par rapport à la surface, empêchant le système de contrôle d’ajuster la trajectoire de descente.

Cet échec a été une double peine pour ispace : en plus de perdre son protégé, elle a aussi raté l’occasion de marquer l’histoire de l’aérospatiale. C’est finalement Blue Ghost, l’engin de Firefly, qui a eu l’insigne honneur de devenir le premier appareil privé à se poser en douceur sur notre satellite.

Mais cela n’a pas empêché les ingénieurs japonais de repartir de l’avant. Depuis cet échec, les équipes de la firme ont travaillé d’arrache-pied pour organiser une nouvelle mission, centrée autour d’un véhicule baptisé Resilience. Ce dernier a décollé à la mi-janvier à bord d’un Falcon 9 de SpaceX, et attendait patiemment son tour en orbite lunaire depuis cette date.

Encore un problème d’altimétrie ?

Son heure est enfin arrivée dans la soirée du 5 juin : hier soir, l’engin a entamé sa descente avec l’objectif de toucher la surface aux alentours de 21 h 25. Mais les opérateurs ont malheureusement perdu tout contact avec leur protégé – un signe qui n’augurait rien de bon. Quelques heures plus tard, l’état-major d’ispace a admis, la mort dans l’âme, que Resilience était définitivement perdu.

L’analyse préliminaire des données de télémétrie a déjà fait émerger une explication possible à ce nouvel accident. Selon toute vraisemblance, il serait dû à une défaillance du laser qui permet au véhicule de mesurer son altitude par rapport à la surface. Il s’agit assurément d’une mauvaise nouvelle, car comme indiqué en début d’article, c’est déjà cet instrument qui avait été tenu pour responsable du premier échec en 2023.

La bonne nouvelle, c’est que si cette hypothèse se confirme, les ingénieurs sauront exactement sur quoi concentrer leurs efforts en prévision des troisièmes et quatrièmes missions, prévues pour 2027.

Mais cette fois, la pression sera nettement plus importante. Les prochaines missions reposeront en effet sur un atterrisseur baptisé Apex, qui sera nettement plus lourd, plus cher et plus sophistiqué que Resilience. Le perdre à cause d’une défaillance aussi basique pour la troisième fois consécutive serait donc catastrophique pour la crédibilité de la firme. En outre, une nouvelle mésaventure de ce genre risquerait d’avoir des conséquences très concrètes sur l’engagement de ses investisseurs — et, par extension, sur la pérennité de l’entreprise.

Nous vous donnons donc rendez-vous en 2027, en espérant que cette startup pourtant si prometteuse réussira enfin à corriger le tir après ces débuts résolument difficiles.

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Source : Reuters

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