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Une épave exceptionnelle découverte par surprise dans le Var

Cette épave d’un navire marchand datant du XVIe siècle, chargée d’objets à forte valeur historique, est aussi « la plus profonde jamais découverte dans les eaux territoriales françaises ».

Ce jeudi 12 juin, la préfecture maritime de la Méditerranée a officialisé une découverte formidable qui va sans doute faire vibrer les amateurs d’histoire: une épave totalement inconnue à ce jour qui se distingue à la fois par son âge et son état de conservation exceptionnel a été découverte au large de Ramatuelle.

Cette histoire a commencé en mars 2025, lors d’une opération du Centre expert plongée humaine et intervention sous la mer (CEPHISMER) de la Marine nationale.

Une découverte complètement inattendue

Initialement, cette équipe de professionnels des grands fonds était simplement censée conduire une OMFM (Opération de maîtrise des fonds marins) au large de Ramatuelle, dans le Var. Il s’agit d’un type de mission dont l’objectif est de surveiller, sécuriser et potentiellement défendre des sites stratégiques situés à une grande profondeur. Ici, l’objectif n’était pas particulièrement critique; d’après le communiqué officiel, il s’agissait surtout d’une mission “exploratoire” organisée afin de “poursuivre la montée en compétences de la Marine nationale dans ce domaine”.

L’acteur principal de cette expédition était l’A18D, un drone sous-marin extrêmement polyvalent capable d’effectuer diverses missions de cartographie, de surveillance et de reconnaissance à plusieurs kilomètres de profondeur. Il s’agissait d’une de ses premières sorties depuis son intégration officielle aux forces opérationnelles de la Marine, en avril 2024.

A18d
© EXAIL

Une fois l’engin rentré à la base, ses opérateurs se sont attaqués au traitement et à l’analyse des données collectées par le sonar – et c’est là qu’une surprise de taille est arrivée. Contre toute attente, ils y ont trouvé la trace d’une mystérieuse épave, jamais répertoriée et absente de toutes les cartes marines actuelles. Intriguée, la Marine a donc décidé de renvoyer son A18D sur place afin d’en capturer des images directes grâce à la caméra embarquée du véhicule. Ces éléments ont ensuite été transmis au Drassm, le service du Ministère de la Culture qui gère le patrimoine et les recherches archéologiques en milieu marin.

Après quelques semaines d’investigation, cette trouvaille a été jugée suffisamment prometteuse pour justifier une nouvelle expédition plus ciblée, cette fois à l’aide d’un ROV (remotely operated underwater vehicle – un engin directement téléopéré depuis la surface par une équipe du GISMER. La grande différence, c’est que ce second appareil est équipé pour capturer des images et vidéos en couleur d’excellente qualité, permettant aux spécialistes d’étudier l’épave bien plus précisément. Et c’est en analysant cette nouvelle fournée que le Drassm a pu prendre pleinement conscience de la nature de cette découverte.

Des centaines d’objets à forte valeur historique

Selon ces experts, cette embarcation de 30 mètres de long pour 7m de large date en effet du XVIe siècle. Et grâce à sa grande profondeur (plus de 2500 mètres sous la surface, un record dans les eaux françaises), elle a été complètement épargnée par les pillards. Une excellente nouvelle pour les archéologues, puisqu’elle regorge d’objets à forte valeur culturelle. Le communiqué mentionne notamment de très nombreux pichets en faïence multicolores ornés de motifs tantôt religieux, tantôt purement décoratifs, ainsi qu’une centaine d’assiettes, des ancres, des canons et même des chaudrons.

Et il y a fort à parier que d’autres trésors encore plus intéressants résident sous le sable. Une perspective évidemment très enthousiasmante pour les archéologues, qui ont déjà hâte d’étudier l’épave et son contenu dans les moindres détails.

Il s’agit là d’une opportunité de recherche unique. Exploration des abords du site, photogrammétrie complète de l’épave, prélèvements ciblés de mobiliers, constituent les premières perspectives d’études, qui seront à réaliser avec le concours d’un collège d’experts, archéologues, céramologues, spécialiste de l’architecture navale, de l’artillerie, des ancres, de la culture matérielle, restaurateur, conservateur…”, indique le communiqué.

Dans un second temps, les instances culturelles espèrent aussi procéder à des actions de valorisation, comme des modélisations 3D susceptibles d’alimenter diverses expositions. Les amoureux du patrimoine auront donc l’occasion d’en profiter une fois que les experts auront terminé leurs études préliminaires.

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