Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Agibot a mis près de deux ans à produire ses 1.000 premiers robots humanoïdes. Il lui a ensuite fallu environ un an pour atteindre les 5.000 unités. Mais pour passer de 5.000 à 10.000, seulement trois mois ont suffi. Un changement de rythme spectaculaire, le résultat d’un basculement industriel.
Des robots déjà au travail
Pour Peng Zhihui, directeur technique de l’entreprise, cette étape marque est plus qu’un simple seuil symbolique : « Atteindre 10.000 unités ne consiste pas seulement à produire davantage de robots, cela reflète un changement fondamental dans notre capacité à accélérer notre processus industriel. » La machine s’est emballée grâce à une chaîne d’approvisionnement désormais bien rodée et à une fabrication mieux maîtrisée. Résultat : ce qui prenait des années se fait désormais en quelques mois.
Mais au-delà de la performance industrielle, c’est surtout le marché qui évolue. Les robots humanoïdes sortent progressivement du cadre des démonstrations techniques pour entrer dans des usages plus concrets, avec des déploiements un peu partout. En début d’année, Agibot était déjà en tête du secteur, avec un peu plus de 5.000 robots livrés. À titre de comparaison, ses concurrents restaient très loin derrière. Et surtout, près de 90 % des robots humanoïdes étaient fabriqués en Chine. Une domination qui ne semble pas prête de s’inverser.
Autre point intéressant : ces robots ne restent pas sur les étagères à prendre la poussière. Une grande partie des 10.000 unités produites est déjà utilisée dans des environnements bien réels. On les retrouve dans la logistique, les magasins, l’accueil du public, l’éducation ou encore l’industrie. Certains naviguent dans des showrooms, d’autres assistent des clients, et quelques-uns commencent même à intervenir directement sur des chaînes de production.
Le phénomène ne se limite pas au marché chinois. Agibot indique que ses robots sont déjà déployés en Europe, en Amérique du Nord, au Japon, en Corée du Sud, en Asie du Sud-Est et au Moyen-Orient. Un signe que la demande dépasse largement les frontières locales. L’entreprise observe un changement dans les usages : les projets pilotes laissent place à des déploiements plus larges et répétés. Autrement dit, les robots ne sont plus seulement testés, ils commencent à être adoptés.
Certains concurrents préfèrent avancer plus prudemment. Des entreprises comme Figure, Agility Robotics ou Boston Dynamics prennent le temps de peaufiner leurs machines avant de produire en masse. Une approche sécurisée mais qui peut aussi faire perdre du terrain. Aller vite a aussi ses avantages : plus de robots sur le terrain, c’est plus de retours, donc plus d’améliorations.
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