La cause de la grogne chez les employés de Free est éminemment d’actualité. L’entreprise a récemment publié une nouvelle charte, imposant la réduction du nombre de jours de télétravail. Une mesure jugée régressive par les syndicats, qui ont appelé à un mouvement de grève générale à partir du 1ᵉʳ juillet 2025.
Une mobilisation inédite
Deux syndicats, Force Ouvrière (FO) et Printemps écologique, ont déposé un préavis de grève reconductible à partir du 1ᵉʳ juillet, concernant l’ensemble des salariés de Free Réseau, Free SAS, Réseau Optique de France, Free Mobile, Assunet, Iliad SA, Freebox et Trax. Ce mouvement se distingue par son ampleur : pour la première fois, les équipes techniques, R&D, audiovisuel, développement et support technique se mobilisent collectivement pour défendre leur droit au télétravail.
Au cœur du conflit, cette nouvelle charte, déployée unilatéralement selon les syndicats, prévoit de réduire le télétravail de huit à six jours par mois. Elle introduit également des contraintes jugées excessives : limitation à deux vendredis télétravaillés par mois, interdiction du télétravail deux jours consécutifs, suspension possible sans préavis, et validation obligatoire par le manager. Pour Force Ouvrière et Printemps écologique, il s’agit d’une remise en cause des droits acquis, d’autant plus que la charte pourrait être suspendue à tout moment et qu’elle ne garantit pas le maintien du télétravail dans la durée. Les syndicats réclament son retrait immédiat, ainsi que l’ouverture de négociations transparentes, le maintien des droits existants et l’assurance de l’absence de mesures sanctions contre les salariés mobilisés.
De son côté, la direction de Free justifie ce réajustement par la nécessité de renforcer la cohésion des équipes, tout en précisant que le télétravail ne concerne que 15% des 12 000 collaborateurs de l’entreprise. Elle indique aussi avoir respecté l’obligation de consultation des partenaires sociaux.
Quels impacts pour les abonnés ?
Si la direction se veut rassurante en affirmant qu’il n’y aurait aucun impact pour les abonnés en cas de grève, la mobilisation des équipes techniques, au cœur du fonctionnement du réseau et des services, pourrait fragiliser la continuité de service en cas de suivi massif du mouvement. Au-delà du cas Free, le mouvement, particulièrement suivi par les syndicats, et qui pourrait s’étendre à d’autres entreprises du groupe, illustre les tensions persistantes autour du télétravail en France, depuis la fin du covid-19. L’issue du bras de fer chez Free pourrait faire jurisprudence pour d’autres entreprises du numérique confrontées à la même problématique. De leur côté, les syndicats affirment rester ouverts à un dialogue constructif, mais préviennent : sans avancée, la mobilisation pourrait se durcir.
🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.