Le constat est sur toutes les lèvres et parfois, douloureusement, sur nos factures. Entre les pics de consommation du soir, la production solaire massive mais intermittente à midi, et des infrastructures qui vieillissent, notre réseau électrique marche sur un fil. Coupures, délestages et alertes répétées, ces signaux d’alarme nous rappellent que l’équilibre énergétique est un défi quotidien.
Face à cette équation complexe, la startup nantaise Beem, déjà connue pour ses kits solaires à installer soi-même, propose de changer de paradigme. Plutôt que de demander aux citoyens de simplement « consommer moins », elle leur offre les outils pour « consommer mieux ».
La flexibilité : du jargon industriel à votre salon
Le concept clé de Beem Power est la flexibilité électrique. Jusqu’ici, cette capacité à moduler sa consommation pour soulager le réseau était l’apanage des grands industriels et Beem entend la démocratiser. Lorsque le réseau est sous tension (forte demande) ou, à l’inverse, en surplus (trop de production renouvelable), le système Beem Power pilote intelligemment les appareils les plus énergivores de la maison.
Concrètement, pendant des créneaux définis appelés « Power Hours », votre ballon d’eau chaude pourrait se mettre en marche lorsque l’électricité est abondante et bon marché, ou la recharge de votre véhicule électrique se mettre en pause pendant le pic de 19h. La batterie de la maison, elle, stockera le surplus solaire de la journée pour le restituer le soir, évitant de puiser dans le réseau au moment le plus critique.

Le tout, sans que vous ayez à lever le petit doigt. Beem se positionne en « chef d’orchestre invisible », pilotant cet écosystème en fonction de la météo, des signaux du marché et, surtout, de vos habitudes et de vos besoins de confort.
« On a longtemps demandé aux foyers de consommer moins. Avec Beem Power, on leur propose de consommer mieux : de manière intelligente, utile pour le réseau, et rémunérée », explique Ralph Feghali, cofondateur de Beem.
Une promesse concrète : 100 € minimum par an
L’argument est aussi financier et en acceptant de jouer ce rôle pour la collectivité, chaque foyer est récompensé. Beem garantit une rémunération minimale de 100 euros par an, versée en fonction de la contribution réelle du foyer à l’équilibre du réseau. Pour les foyers les mieux équipés, ce montant peut grimper significativement et s’ajouter aux économies déjà réalisées grâce à l’autoconsommation (jusqu’à 80 % sur la facture, selon l’entreprise). Pour déployer cette vision à grande échelle, Beem s’est appuyé sur sa technologie propriétaire, du matériel au logiciel, et s’est associé à l’agrégateur Tilt Energy, un expert capable de valoriser ce potentiel inexploité de milliers de foyers sur les marchés de l’énergie.

Toutefois, cette approche intégrée a son revers et qui dit système propriétaire, dit compatibilité ciblée. Avant de se lancer, il faudra s’assurer que ses équipements (pompe à chaleur, borne de recharge…) sont bien compatibles avec l’écosystème Beem.
La prochaine étape pour l’entreprise est déjà en vue, à savoir une intelligence artificielle pour affiner encore ce pilotage, rendant la gestion de l’énergie domestique non seulement invisible, mais aussi prédictive. Une manière de transformer chaque maison, non plus en simple consommatrice, mais en véritable partenaire d’un système énergétique plus durable, plus local et, pour une fois, plus rentable pour tout le monde.
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