L’intelligence artificielle adore les GPU. Le problème, c’est que ces puces adorent aussi produire de la chaleur. Beaucoup de chaleur. À tel point qu’une part énorme de l’électricité consommée par les centres de données ne sert même pas à faire tourner les modèles IA, mais simplement à empêcher les machines de cuire sur place.
Les GPU modernes chauffent comme jamais
Selon des chercheurs de l’Université de l’Illinois Urbana-Champaign, les centres de données ont consommé environ 485 térawattheures d’électricité en 2025. Et près d’un tiers de cette énergie aurait servi au refroidissement. Autrement dit : les centres de données dépensent une quantité astronomique d’électricité juste pour garder leur calme.
Pour tenter d’améliorer la situation, les chercheurs ont développé un système de refroidissement basé sur des plaques de cuivre imprimées en 3D. Leur ambition est assez spectaculaire : faire tomber la consommation électrique liée au refroidissement d’environ 30 % à seulement 1,1 %. « Le refroidissement est le principal goulet d’étranglement dans la conception des puces informatiques », résume Behnood Bazmi, premier auteur de l’étude.
Pendant longtemps, les centres de données ont surtout utilisé le refroidissement par air : des dissipateurs thermiques et d’énormes ventilateurs chargés d’évacuer la chaleur. Mais avec les accélérateurs IA modernes, cette approche commence sérieusement à montrer ses limites. L’idée des chercheurs est d’aller beaucoup plus loin que le refroidissement liquide actuel. Grâce à un algorithme mathématique, ils ont conçu des microstructures internes particulièrement complexes, avec des formes irrégulières et pointues optimisées pour transférer un maximum de chaleur tout en limitant les efforts nécessaires pour faire circuler le liquide.
Le problème, c’est que fabriquer ce genre de structures avec des méthodes classiques relève quasiment du casse-tête. Les chercheurs ont donc utilisé une technologie de fabrication additive électrochimique (ECAM), capable d’imprimer du cuivre pur avec une précision de 30 à 50 micromètres. Le résultat semble prometteur : les plaques offriraient jusqu’à 32 % de meilleures performances de refroidissement que les modèles conventionnels, tout en réduisant fortement l’énergie nécessaire pour pomper le liquide.
Les projections avancées par les chercheurs donnent presque le tournis. Dans un centre de données de 1 gigawatt, les besoins énergétiques du refroidissement pourraient passer d’environ 550 mégawatts à seulement 11 mégawatts. Reste maintenant à voir si cette technologie peut tenir ses promesses en conditions réelles. Car entre une modélisation très optimiste et un centre de données géant rempli de GPU chauffés à blanc, il y a encore un petit monde.
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