Après l’annonce de la suppression de deux jours fériés, François Bayrou veut s’attaquer aux congés des Français. Dans son projet de budget 2026, la ministre du Travail, Astrid Panosyan a proposé d’ouvrir à la négociation d’entreprise la possibilité pour un salarié de vendre sa cinquième semaine de congés payés à l’entreprise, en échange d’une compensation financière.
Le dispositif ne serait pas imposé, mais réservé au volontariat, et encadré par des accords d’entreprise. Il s’inspirerait du mécanisme actuel des RTT : ceux qui choisissent d’y renoncer bénéficieront d’une majoration de leur salaire (jusqu’à 25 %) et d’une exonération fiscale (plafonnée à 7 500 euros par an). Cette extension à la cinquième semaine de congés aurait pour but d’accroître la durée effective de travail, tout en offrant un pouvoir d’achat supplémentaire aux Français.
Combien toucherez-vous pour votre 5ᵉ semaine de congés ?
L’argument du gouvernement est clair : travailler plus pour gagner plus, stimuler la croissance sans alourdir la charge des entreprises, et augmenter le pouvoir d’achat des volontaires. Pour un salarié payé 2000 € par mois, la monétisation de la cinquième semaine représenterait un surcroît ponctuel de 500 à 625 € grâce à la majoration. Reste que les questions d’équilibre vie pro / vie perso, de stress et de gestion salariale semblent avoir rapidement été écartées du débat.
Volontariat ou contrainte subie ?
La question centrale sera celle du réel volontariat. Si le dispositif n’est pas obligatoire, il pourrait néanmoins créer une nouvelle norme, particulièrement dans les entreprises ou secteurs où la précarité salariale est forte. Le syndicat CFDT pointe le risque d’une “remise en cause les acquis sociaux“, et redoute une dégradation des conditions de travail à long terme. D’autres dénoncent l’illusion d’une liberté de choix : pour certains salariés, la contrainte économique pourrait rendre ce volontariat très théorique, en particulier dans les secteurs à faibles revenus.
Un calendrier qui s’annonce tendu
Le gouvernement temporise, annonçant qu’aucune mesure ne sera imposée sans un dialogue approfondi avec les partenaires sociaux. Le document d’orientation prévu début août ouvrira la voie à des négociations qui s’annoncent d’ores et déjà mouvementées, tant l’enjeu touche au cœur du modèle social français.
D’ici là, la question de la monétisation de la cinquième semaine attisera forcément les débats entre défense du pouvoir d’achat, efficacité économique, et préservation des droits sociaux.
🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.