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Google veut lâcher 32 millions de moustiques dans la nature pour mettre fin aux maladies qu’ils répandent : la méthode est déroutante, mais fait ses preuves

Google aurait demandé aux autorités américaines la permission de relâcher 32 millions de moustiques destinés à réduire la population de l’espèce Aedes aegypti, qui est un vecteur de plusieurs maladies. La technique a déjà fait ses preuves à Singapour, où ce projet très particulier de la firme aurait réduit la population de l’espèce ciblée de 80 % à 90 %.

Via son projet Debug, Google a développé une technique qui permet de réduire la population des moustiques en en relâchant dans la nature. Et alors que des tests ont déjà été menés à Singapour, l’entreprise envisage d’utiliser cette technique aux États-Unis. Plus précisément, selon des documents consultés par The Guardian, la firme a demandé le feu vert des autorités américaines pour relâcher jusqu’à 16 millions de moustiques élevés et triés en laboratoire par an, pendant deux années, en Californie et en Floride. Pour le moment, on ne sait pas si la firme obtiendra l’autorisation des autorités américaines pour relâcher ces 32 millions de moustiques. Cependant, à Singapour, la technique a déjà fait ses preuves. Et la firme a annoncé l’expansion de son centre de recherche et de “production” de moustique dans le pays, au mois de mai.

La technique utilisée par Google consiste à lutter contre les “mauvais moustiques” en relâchant ses “bons moustiques”. Actuellement, l’entreprise focalise ses recherches sur l’espèce Aedes aegypti qui “transmet des maladies telles que la dengue, le Zika, la fièvre jaune et le chikungunya, qui rendent malades des centaines de millions de personnes chaque année.” Afin de réduire la population de cette espèce, Google élève des moustiques et les infecte avec une bactérie qui les rend stériles, puis trie les mâles et les femelles pour ne lâcher que les mâles. Ces mâles stériles (et qui ne piquent pas) vont ensuite s’accoupler avec les Aedes aegypti femelles dans la nature. Les femelles continuent à pondre des œufs, mais ceux-ci n’éclosent pas, ce qui fait que la population de l’espèce baisse (au lieu d’augmenter) à chaque génération.

Combattre le mal par le mal

A Singapour, le projet Debug de Google a déjà réalisé d’importants progrès, en collaboration avec les autorités. Une véritable usine à moustiques a été ouverte en 2022 et, actuellement, le projet y relâche 10 millions de moustiques par semaine. Et les résultats sont impressionnants. “Singapour a réussi à supprimer 80 à 90 % de la population de moustiques Aedes aegypti et à réduire de plus de 70 % les cas de dengue après 6 à 12 mois de lâchers”, lit-on sur le blog du projet Debug.

En tout cas, Google a de nombreux arguments pour mettre en avant sa technique un peu particulière pour lutter contre les maladies propagées par les moustiques. Tout d’abord, celle-ci n’inclut pas de diffusion de produits toxiques dans l’environnement. Aucune modification génétique n’est utilisée au cours du processus. Et l’approche peut couvrir les lieux qui peuvent échapper aux techniques traditionnelles.

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